Le 30 juillet 2025, le tribunal judiciaire de Montpellier a examiné une affaire particulièrement tendue mêlant violences armées, rivalités de voisinage et versions contradictoires. Un homme de 59 ans comparaissait pour la troisième fois pour des faits de violence à la machette survenus le 26 avril dernier, impliquant un père et son fils.
Des faits violents
Ce jour-là, les policiers sont appelés en urgence : un homme perd beaucoup de sang sur la voie publique. La victime, Christopher, pointe tout de suite du doigt son voisin Éric, 59 ans, pour lui avoir porté un coup de machette et avoir frappé son fils, Adriano. Selon la version de la famille, c'est Adriano, 15 ans, qui aurait été frappé le premier. L'adolescent croise son voisin, Éric, qui lui aurait lancé : "Tu vas voir ce que je fais à ton bâtard de père", avant de lui asséner un coup de poing. En pleurs, Adriano se réfugie dans le garage familial où se trouve son père avec un ami. Ce dernier accourt, mains libres selon les témoins, et se retrouve nez à nez avec Éric, qui le menace : "Si tu avances, je te coupe la tête". Christopher affirme avoir tenté de parer le coup de machette avec son bras, destiné à arriver dans son visage.
Une vidéo compromettante
Une vidéo de 7 secondes, filmée par la fille de Christopher, montre Éric sortant de chez lui, les mains pleines de sang. En fond sonore, une voix masculine insulte Éric, peut-être celle du fils de 15 ans. Sur la vidéo, on entendrait aussi Éric dire : "Ramenez votre père, je vais vous planter".
La version du prévenu
Éric raconte une tout autre histoire. Il balaie devant chez lui lorsqu'Adriano, accompagné d'amis, lui lance des insultes, jette des cailloux et casse sa baie vitrée. Adriano aurait même lancé un couteau, retrouvé planté dans un escalier, ce que confirment les expertises. "Ce sont des hyènes, rien ne peut les arrêter", appuie-t-il. Pris de peur, Éric se serait enfermé chez lui avant de saisir sa machette "décorative". Il nie tout coup de poing sur Adriano et soutient que Christopher est arrivé ensuite, armé d'un bâton. Il reconnaît lui avoir porté un coup avec la machette. À son domicile, les enquêteurs découvrent la machette présumée arme du crime, mais aussi un sabre japonais, un opinel et une grenade désactivée.
Des récits contradictoires
Les témoignages s'entrechoquent et se contredisent. Adriano évoque une dizaine de coups et une chute, mais la présidente rappelle qu'il n'avait pas parlé d'un tel acharnement lors des premières audiences. Autre point trouble : la chronologie des appels à la police. La compagne de Christopher aurait contacté le commissariat à 17h44 pour signaler l'agression à la machette, alors qu'elle affirme être déjà présente au commissariat pour déposer plainte pour un jet de pierre d'Éric sur son véhicule la veille. Le prévenu, lui, appelle à 17h55, expliquant être menacé par des jeunes. Si sa version est vraie, le coup de machette aurait dû venir après l'agression présumée par Adriano, or l'appel de la compagne le précède de 11 minutes.
Une audience sous tension
Le climat dans la salle d'audience est électrique. La présidente doit hausser la voix à plusieurs reprises, couper Christopher qui l'interrompt, ou encore calmer les proches qui tentent d'intervenir depuis les bancs du public : "Vous polluez l'audience".
Casier judiciaire chargé
Le casier judiciaire d'Éric ne joue pas en sa faveur : six mentions pour détention d'armes, menaces et violences. Le prévenu assure : "Je regrette amèrement ce que j'ai fait. J'ai agi sous l'effet de la panique. À 60 ans, je ne peux plus me défendre comme avant."
La condamnation
Le tribunal le condamne à 24 mois d'emprisonnement assortis d'un sursis probatoire de deux ans. Il devra respecter plusieurs obligations : soins, travail, indemnisation des victimes, interdiction de contact et de paraître à leur domicile, et interdiction de porter une arme pendant 5 ans. Une amende contraventionnelle de 400 euros lui est également infligée.



