Sylvestre Ceccaldi, compagnon de l'ex-maire de Grosseto-Pugna (Corse-du-Sud), Valérie Bozzi, a été mis en examen notamment pour association de malfaiteurs en vue de la commission d'un crime en bande organisée, a-t-on appris mardi auprès du parquet d'Ajaccio. Il a été placé en détention provisoire, tandis que son frère, Simon Ceccaldi, également mis en examen, a été placé sous contrôle judiciaire, a précisé à l'AFP la procureure Fanny Floquet, confirmant une information de Corse-Matin.
Une enquête préliminaire menée par la gendarmerie
À l'issue d'une enquête préliminaire de la section de recherches de la gendarmerie d'Ajaccio, les deux hommes ont été mis en examen dans le cadre d'une information judiciaire ouverte samedi. Les chefs retenus comprennent « d'association de malfaiteurs en vue de la commission de crimes en bande organisée », « de trafic d'éléments d'armes et munitions de catégorie B (acquisition, détention et cession en réunion) », « d'association de malfaiteurs en vue de la commission de délits punis de 10 ans d'emprisonnement », « de blanchiment de crimes et délits » et de « non justification de ressources », a détaillé la magistrate.
« Les perquisitions réalisées ont permis de saisir des éléments d'arme et munitions de catégorie B, du matériel conspiratif, une importante somme en numéraire, ainsi que plusieurs faux documents d'identité », a-t-elle précisé.
Des liens présumés avec une bande criminelle active
Dans une note confidentielle de la police judiciaire, consultée par l'AFP, Sylvestre Ceccaldi est considéré comme membre de l'une des 20 bandes criminelles actives dans l'île : celle baptisée « Guazzelli/Michelosi » dont l'essentiel des membres sont emprisonnés pour leur implication dans le double assassinat de l'aéroport de Bastia-Poretta, en décembre 2017, de membres d'une bande rivale.
Le contexte des condamnations de Valérie Bozzi
En mai 2025, Valérie Bozzi, maire divers droite de la station balnéaire de la rive sud du golfe d'Ajaccio, avait été condamnée à Bastia à un an de prison avec sursis, 10.000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité assortis d'une exécution provisoire, pour favoritisme et prise illégale d'intérêt. L'élue avait été reconnue coupable pour la passation du marché public de la vidéosurveillance sur sa commune. Son compagnon d'alors, Sylvestre Ceccaldi, avait été condamné à six mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende, pour recel de prise illégale d'intérêt.
Deux jours plus tôt, Valérie Bozzi avait été aussi condamnée pour prise illégale d'intérêts par la cour d'appel d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), à six mois de prison avec sursis, 15.000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité. Dans cette affaire, passée par la Cour de cassation, elle avait été reconnue coupable d'avoir signé des concessions de plage, en novembre 2018, au bénéfice de la société du restaurant de plage de son compagnon.



