Un policier sud-coréen affecté à l'île touristique de Jeju a classé sans suite une vingtaine de dossiers de disparitions, dont deux personnes retrouvées mortes par la suite. Les autorités l'ont annoncé mardi, provoquant une onde de choc dans un pays très attaché à la valeur travail.
Un scandale qui secoue l'île de Jeju
L'affaire a particulièrement ému en Corée du Sud, où la culture du travail est sacro-sainte. L'île de Jeju, qui attire plus de 13 millions de visiteurs chaque année et où de nombreux Coréens choisissent de passer leur lune de miel, est sous le choc. Le président sud-coréen Lee Jae Myung a ordonné une enquête sur le traitement du dossier de la disparition de Jang Mi-ran et a demandé à son gouvernement de travailler à une réforme de la police.
Le policier, arrêté la semaine dernière, est accusé d'avoir étouffé l'affaire Jang Mi-ran en enregistrant sa mort dans les fichiers de la police comme un décès « dû à un accident de la route ». Il aurait également affirmé à sa famille qu'il avait été en contact avec elle, qu'elle était saine et sauve et ne souhaitait pas être retrouvée.
Une négligence professionnelle invoquée
Le responsable des enquêtes de la police nationale, Jung Tae-woon, a expliqué à la presse mardi que le policier avait agi « principalement motivé par une négligence professionnelle due à une surcharge de travail et à la fatigue associée à ses responsabilités plus importantes ». Il a ajouté : « L'attitude évasive et irresponsable du suspect aurait contribué à l'infraction. »
Le policier a également classé le dossier de la disparition d'un homme d'une soixantaine d'années. Selon les autorités, il aurait supprimé des dossiers après avoir déclaré les personnes disparues mortes.
Un réexamen complet de 300 cas
Face à ce scandale, la police a mené un réexamen complet d'environ 300 cas de disparitions traités par ce policier durant ses seize mois au sein de l'équipe chargée des affaires de disparitions. Selon les conclusions de cette enquête interne, le policier a classé 25 autres dossiers sans enquêter sur le lieu où se trouvaient les personnes portées disparues, ou en supprimant leurs dossiers après les avoir déclarées mortes.
Les 25 personnes concernées ont finalement été retrouvées saines et sauves, ont précisé les autorités. Cette affaire a conduit le président à exiger une réforme de la police, dont les modalités restent à définir.



