Un trentenaire condamné à Nîmes pour agression devant un collège
Un homme d'une trentaine d'années a été jugé ce mercredi 4 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Nîmes, après avoir agressé deux jeunes sœurs devant le collège Feuchères. Les faits remontent au 15 décembre dernier, lorsque l'aînée, âgée de 19 ans, accompagnait sa cadette de 13 ans vers l'établissement scolaire vers 7 heures du matin.
Une scène traumatisante pour les deux jeunes filles
Le prévenu a abordé les deux sœurs, puis la discussion a dégénéré. Selon les déclarations, il a craché sur l'aînée et a levé le poing en menaçant de frapper la plus jeune. Les adolescentes, fortement choquées, ont immédiatement alerté les forces de l'ordre, qui ont interpellé l'individu à quelques mètres du lieu des faits.
Lors de l'audience, le trentenaire a confirmé les événements, tout en apportant une nuance : "Je pensais qu'elle m'avait insulté. Mais je ne l'ai pas frappé", a-t-il répété à plusieurs reprises. Le président du tribunal et le procureur ont toutefois souligné que la menace d'un poing levé pouvait être profondément traumatisante, même en l'absence de coups portés.
L'absence d'expertise psychiatrique au cœur du débat
La défense, représentée par Me Anouck Gasnot, a vivement déploré l'absence d'expertise psychiatrique dans ce dossier. L'affaire avait déjà été renvoyée à deux reprises par le tribunal pour tenter d'obtenir cette évaluation complémentaire, mais un malentendu au parloir a empêché la réalisation du rendez-vous.
Me Gasnot a insisté sur les troubles psychiques importants de son client, qui ne prenait plus son traitement au moment des faits. Elle a rappelé qu'il avait été hospitalisé d'office à plusieurs reprises et que ses rires intempestifs durant l'audience illustraient, selon elle, ces problèmes psychiatriques.
L'avocate a plaidé pour une obligation de soins plutôt qu'une peine ferme, arguant que lorsque son client suivait son traitement, il n'avait pas commis d'infractions pendant six ans. Elle a également noté que sur ses neuf condamnations précédentes, une telle mesure n'avait jamais été demandée.
La réquisition du procureur et la décision du tribunal
Le procureur Jean-Luc Vasserot a requis un an de prison ferme, rappelant que l'homme faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Après délibéré, le tribunal a finalement condamné le trentenaire à dix mois de prison avec maintien en détention.
Il devra également verser 800 euros aux deux sœurs au titre du préjudice moral, ainsi que 1 200 euros pour les frais de procédure. Cette décision met fin à une affaire qui a mis en lumière les difficultés liées à l'évaluation psychiatrique dans les procédures judiciaires.



