Condamné pour 130 photos pédopornographiques piégé par IA
Condamné pour pédopornographie piégé par IA

Un piège numérique grâce à l'intelligence artificielle

Xavier B., 52 ans, convoyeur de fonds de profession, a été condamné ce vendredi par le tribunal correctionnel d'Alès à trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour détention et diffusion d'images pédopornographiques. L'homme a été confondu grâce à une méthode innovante de l'association Argus, qui crée de faux profils de très jeunes filles générés par intelligence artificielle pour traquer les pédocriminels en ligne.

Un mode opératoire de prédateur

Selon le substitut du procureur Quentin Larroque, Xavier B. entrait en contact avec des mineures âgées de 11 à 14 ans via les réseaux sociaux. « Il engage une conversation anodine qui dévie rapidement. Et il envoie des photos de lui, le sexe en érection. Il a un comportement de prédateur. Il traque les fillettes sur lesquelles il fantasme », a-t-il déclaré à l'audience. En six mois, le prévenu a accumulé plus de 130 photos à caractère pédopornographique et une vingtaine de vidéos, selon l'avocat de l'association Les Enfants d'Argus.

Le rôle clé de l'association Argus

L'avocat d'Argus a expliqué le dispositif : « De faux profils de très jeunes filles sont créés. Les photos sont générées par l'intelligence artificielle, et derrière le clavier, ce sont des adultes qui répondent aux pédocriminels. » Sur dix profils diffusés dans toute la France, Xavier B. est parvenu à en contacter trois, un taux jugé « inquiétant » par l'association. L'enquête des gendarmes spécialisés a retracé onze conversations avec des enfants réels, tous très jeunes.

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Une personnalité dangereuse selon l'expertise psychiatrique

L'expertise psychiatrique du prévenu le décrit comme pervers, immature et manipulateur. « Ses pulsions ne sont ni fixées ni limitées. Sa dangerosité criminogène est avérée », a souligné l'expert. À la barre, Xavier B. a tenté de minimiser les faits : « Il ne s'agit que de photos. Je ne l'ai fait qu'en 2024. J'étais seul. Ces discussions, c'était virtuel, sur l'ordinateur. » Le président Vincent Edel lui a rétorqué : « Oui, mais vous alimentez les réseaux pédocriminels en consultant ce type de photos ou de vidéos. »

La défense conteste la méthode

Me Betty Noël, avocate de Xavier B., a mis en cause l'enquête privée menée par Argus : « Les gens de l'association alimentent les conversations. Le but de cette structure, c'est de traquer. On nous parle de profils virtuels, mais où sont les vraies victimes alors ? Son casier est vierge. Une peine d'avertissement peut être prononcée. » Elle a demandé l'exclusion de la condamnation du casier judiciaire B2, demande rejetée par le tribunal.

Une condamnation avec suivi sociojudiciaire

Le tribunal a prononcé une peine de trois ans de prison dont deux avec sursis, assortie d'un suivi sociojudiciaire pendant cinq ans, d'une obligation de soins, et de l'inscription au fichier des délinquants sexuels. La peine est potentiellement aménageable. Le procureur avait requis deux ans de prison dont un avec sursis probatoire et un mandat de dépôt pour la partie ferme.

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