Un homme condamné pour avoir agressé les pompiers venus le secourir à Alès
Condamné pour agression de pompiers à Alès

Un homme condamné pour avoir agressé les pompiers venus le secourir à Alès

Le tribunal d'Alès, dans le Gard, a rendu son verdict dans une affaire qui a choqué les services de secours. Un homme de 38 ans, originaire des Alpes, a été condamné à 18 mois de prison, dont dix mois avec sursis probatoire, pour avoir insulté et frappé les pompiers venus lui porter assistance le 8 mars dernier.

Une intervention qui dérape rapidement

Les faits se sont déroulés tôt le matin dans la Grand-rue Jean-Moulin, au nord du département du Gard. Les secours ont été appelés pour une personne au sol. "On est intervenus pour une personne au sol et ça a très vite dérapé", a témoigné un sapeur-pompier d'Alès lors de l'audience. "Ça a été violent. Je suis entré chez les pompiers en 2013 et c'est la première fois que ça dérape si vite…"

L'individu, sorti de sa torpeur, s'est mis à insulter les secouristes et à leur porter des coups. Les forces de l'ordre, appelées en renfort, ont également subi des injures et des menaces. La situation est devenue si tendue qu'un pistolet à impulsion électrique a dû être utilisé. Les violences ont continué jusqu'aux urgences de l'hôpital et pendant le trajet vers le commissariat.

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Un lourd passé judiciaire

Le prévenu, jugé en comparution immédiate, a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Il suivait son procès par visioconférence depuis la maison d'arrêt de Nîmes, où il était placé en détention provisoire. Son casier judiciaire comporte pas moins de 27 mentions sur dix pages.

L'homme a expliqué qu'il était venu à Alès pour voir sa fille, que la rencontre s'était mal passée, et qu'il avait alors bu de l'alcool malgré son traitement médical. "J'ai vrillé lorsque les pompiers sont arrivés", a-t-il déclaré, précisant qu'il somnolait en état d'ivresse sur la voie publique en attendant son train.

Des réactions contrastées à l'audience

Le président du tribunal, Simon Lanes, a souligné l'impact de ces violences sur les secouristes : "Votre attitude a été particulièrement marquante pour eux !" Me Solène Chauvet, l'avocate des pompiers et du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis), a rappelé un principe fondamental : "Ceux qui viennent porter secours ne devraient jamais devenir des cibles."

La substitut du procureur, Cindy Fernandez, a pour sa part exprimé son scepticisme face aux excuses du prévenu, évoquant l'impression de "voir docteur Jekyll et mister Hyde". Elle a requis deux ans de prison, dont un an avec sursis probatoire, et le maintien en détention.

La défense plaide l'accident de parcours

Me Gabrielle Le Dréau, l'avocate de la défense, a plaidé pour la clémence, qualifiant les agissements de son client d'"accident de parcours dans un parcours de réinsertion". "La prison ferme n'est pas la réponse adéquate", a-t-elle argumenté, rappelant que son client "ne peut pas échapper à notre considération".

Le tribunal a finalement reconnu la culpabilité de l'homme mais n'a pas ordonné son maintien en détention. La peine de 18 mois de prison, dont dix avec sursis probatoire, rend la partie ferme potentiellement aménageable. Cette décision intervient alors que le prévenu affirmait tout faire pour se réinsérer depuis sa sortie de prison en 2022.

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