Une information judiciaire a été ouverte ce lundi 24 août après la collision entre deux bateaux au large de Mandelieu-la-Napoule, qui a fait dix blessés et un disparu. Les premières investigations révèlent que le semi-rigide impliqué circulait à une vitesse élevée et n'aurait pas respecté les règles de priorité en mer, selon les éléments communiqués par le parquet de Marseille.
Des circonstances précisées par l'enquête
L'accident s'est produit dimanche 16 août 2026, vers 22 h 40. Un yacht Pardo 38 de 12 mètres, avec dix passagers et un skipper à bord, a été percuté à l'avant bâbord par un semi-rigide Tempest de 7 mètres transportant neuf passagers et son skipper. Les passagers du semi-rigide avaient apparemment loué le bateau pour célébrer l'anniversaire d'un membre de leur famille.
L'enquête a permis d'établir que le Pardo naviguait à « vitesse normale », tandis que celle du semi-rigide était « élevée ». Les règles de priorité prévues par la convention COLREG, qui régit les abordages en mer, n'auraient pas été respectées par le semi-rigide. L'information judiciaire a été ouverte notamment pour « mise en danger d'autrui et non-respect des règles internationales destinées à prévenir les abordages en mer ».
Analyses toxicologiques négatives pour le skipper
Les analyses toxicologiques ont montré que le skipper du semi-rigide « n'était pas sous l'emprise de l'alcool ou de produits stupéfiants au moment des faits », a indiqué le procureur de Marseille, Nicolas Bessone. Jean-Michel Léonard, président des Sauveteurs en Mer (SNSM) de Cannes Golfe-Juan, avait expliqué au lendemain du drame : « Il y avait beaucoup de personnes à bord, un peu d'amusement et de cohue. Un moment d'inattention a provoqué un choc entre les deux bateaux. »
Le choc, très violent, a fait dix blessés : neuf sur le semi-rigide et un sur le yacht. Plus d'une semaine après l'accident, deux victimes sont toujours hospitalisées dans un état grave, parmi lesquelles le skipper du semi-rigide. Le pronostic vital de la seconde personne reste engagé. Les autres passagers restent extrêmement marqués et font état « d'un choc post-traumatique en lien avec l'importance de l'impact et les circonstances de celui-ci ».
Un passager disparu toujours introuvable
Un passager du semi-rigide, âgé de 22 ans, manque toujours à l'appel. Malgré les moyens déployés, son corps n'a pas été retrouvé. Dimanche 23 août, les recherches ont brièvement repris après que des personnes sur une plage de La Bocca ont signalé « un élément flottant au large pouvant ressembler à un corps humain ». Elles sont restées vaines, et les opérations ont été levées en milieu d'après-midi.
Des expertises techniques doivent encore être réalisées dans les prochains jours sur les deux embarcations afin de déterminer précisément les causes de la collision. Initialement ouverte en flagrance par le parquet de Grasse et confiée conjointement à la brigade de recherches maritime et à la brigade nautique d'Antibes, l'enquête a été reprise par le parquet de Marseille. L'ouverture de l'information judiciaire marque une nouvelle étape dans cette affaire.



