Collégien jugé à Dijon pour menace de mort armée contre sa directrice
Collégien jugé pour menace de mort armée contre directrice

Un collégien jugé à huis clos pour menace de mort armée à Dijon

« On a évité le pire », déclare l'avocat de la partie civile dans une affaire qui secoue le monde éducatif. Ce jeudi, à Dijon, un collégien comparaît à huis clos pour avoir menacé de mort avec un couteau la directrice de son établissement. Les faits se sont déroulés en mars 2024 dans le collège Édouard-Herriot, situé dans le quartier prioritaire de Chenôve, en banlieue dijonnaise.

Une agression préméditée et inquiétante

L'adolescent, alors âgé de 15 ans et décrit comme un élève « difficile », s'était d'abord présenté à son cours d'anglais dont il avait pourtant été exclu. La professeure l'avait renvoyé vers le bureau de la cheffe d'établissement. Arrivé devant la principale, le collégien a présenté une lettre évoquant une « prise d'otages » en référence aux attentats djihadistes du 13 novembre 2015 à Paris. Puis, il a pointé un couteau dans sa direction.

La directrice a réussi à fuir en déclenchant l'alarme anti-intrusion. L'adolescent a été arrêté une demi-heure plus tard. Interrogé, il a d'abord affirmé avoir voulu « planter » sa professeure d'anglais, avant de déclarer avoir été « recruté pour la tuer » contre rémunération. « Ses déclarations pourraient être en lien avec une volonté de se donner de l'importance », a indiqué le parquet de Dijon, précisant qu'un expert psychiatre a confirmé cette analyse. Le parquet antiterroriste ne s'est pas saisi de l'affaire.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des interrogations sur une possible dimension terroriste

Me Stéphane Colmant, avocat de la partie civile représentant la principale, estime cependant que « des éléments interrogent » sur une possible version terroriste. « Il y a eu un véritable projet criminel, mûrement réfléchi. On a une personne qui avait savamment préparé les choses », insiste-t-il. Le mineur est notamment poursuivi pour tentative d'homicide volontaire sur un enseignant et encourt jusqu'à 20 ans de prison.

Contexte de recrudescence des violences scolaires

Ce procès intervient dans un contexte préoccupant de multiplication des agressions contre les personnels de l'Éducation nationale :

  • Une enseignante de Sanary-sur-Mer (Var) a été grièvement blessée par un élève de 14 ans le 3 février 2025.
  • En juin 2025, une surveillante a été tuée à coups de couteau à Nogent (Haute-Marne) par un adolescent de 14 ans.

Face à la hausse de 15 % des signalements d'armes blanches dans les écoles entre février 2024 et février 2025, le gouvernement a renforcé les contrôles de sacs. Environ 525 armes blanches ont été saisies entre mars et décembre 2025.

Cette affaire dijonnaise soulève des questions cruciales sur la sécurité dans les établissements scolaires et la prévention de la violence chez les adolescents.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale