Une résurgence qui scandalise les autorités
La haute-commissaire à l'Enfance, Sarah el Haïry, a vivement dénoncé ce samedi 18 avril la réouverture du site internet Coco sous le nouveau nom de Cocoland. Cette plateforme, fermée par la justice française en juin 2024 pour complicité de crimes sexuels, est de nouveau accessible via une autre adresse URL, suscitant une indignation générale.
Une véritable gifle à la protection des victimes
"Le retour du site Coco, c'est une vraie gifle à la promesse de protection qu'on fait", a réagi Sarah el Haïry sur la radio RMC. La haute-commissaire a alerté sur la résurgence de cette plateforme, déjà mise en cause dans des affaires sordides comme celle de Gisèle Pelicot, où des dizaines d'hommes avaient été recrutés via Coco par son ex-mari pour la droguer avec des anxiolytiques.
Sarah el Haïry a précisé que "ces sites ne sont pas des lieux anodins". Elle a expliqué qu'ils exploitent toutes les failles pour chercher des proies, principalement des enfants, et facilitent des activités criminelles graves :
- Guets-apens homophobes
- Viols et agressions sexuelles
- Trafic de stupéfiants
- Traite d'êtres humains
Le gouvernement promet une traque sans relâche
Face à cette situation inacceptable, la haute-commissaire a annoncé des mesures fermes : "Il y a des procédures qui sont lancées, elles permettront de les faire fermer, on les traquera, on les harcèlera, on ne leur laissera pas de répit". Cette déclaration intervient après que Ouest France a révélé hier la réouverture de la plateforme sous sa nouvelle identité.
L'histoire trouble de Coco
Le site Coco, immatriculé à l'étranger, était considéré comme un repère de prédateurs par les associations de protection de l'enfance. Son fondateur, l'Italien Isaac Steidl, a été inculpé le 9 janvier 2025 à Paris pour plusieurs chefs d'accusation :
- Complicité de trafic de stupéfiants
- Détention et diffusion d'images pédopornographiques
- Corruption de mineur via Internet
- Association de malfaiteurs
Isaac Steidl conteste fermement toutes ces accusations, mais les preuves accumulées par la justice française avaient conduit à la fermeture initiale de la plateforme.
Un précédent inquiétant
L'affaire Coco a servi de précédent inquiétant, inspirant d'autres plateformes similaires. Déjà, la plateforme Bounty se trouve dans le viseur de l'Arcom, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. Les autorités rappellent que ces sites de rencontre dévoyés servent régulièrement à organiser des rencontres dangereuses, comme ce fut le cas à Aigues-Mortes où un Nîmois était tombé dans une embuscade après un rendez-vous fixé sur Coco.
La détermination du gouvernement français à éradiquer ces plateformes criminelles semble totale, mais la résurgence de Coco sous le nom Cocoland montre la difficulté de cette lutte dans l'espace numérique sans frontières.



