Dijon : une découverte archéologique exceptionnelle sous une école primaire
Début mars, cinq nouveaux squelettes ont été exhumés des sous-sols de l'école primaire Joséphine Baker à Dijon, en Bourgogne-Franche-Comté. Cette découverte vient s'ajouter aux treize défunts déjà mis au jour il y a deux ans, portant ainsi à vingt le nombre total de corps retrouvés sur ce site depuis les années 1990. La particularité de ces sépultures intrigue les archéologues : tous ces individus ont été enterrés dans une position assise, une pratique rare pour l'époque.
Un site datant du second âge du Fer
Les ossements découverts remontent au second âge du Fer, entre 400 et 200 ans avant notre ère. Ils ont été retrouvés dans des fosses circulaires d'environ un mètre de diamètre, espacées les unes des autres et alignées sur une bande rectiligne de 25 mètres de long. Selon les experts de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), ces sépultures gauloises pourraient indiquer la présence d'un lieu de culte ancien.
Annamaria Latron, archéo-anthropologue à l'INRAP, souligne que cette pratique d'inhumation assise est inhabituelle et demeure mystérieuse. Elle évoque également la découverte à proximité d'animaux inhumés de manière similaire, suggérant de possibles offrandes rituelles. Cependant, cette théorie nécessite encore des vérifications, car il n'est pas certain que les animaux datent de la même période que les défunts.
Des recherches qui se poursuivent
Hervé Lagagnier, responsable des fouilles à l'INRAP, précise que treize corps sont actuellement à l'étude, tous identifiés comme des individus de sexe masculin. Il qualifie ce site de "majeur pour cette période", estimant qu'il apportera des informations cruciales sur les pratiques funéraires de l'époque. Les archéologues ne excluent pas la possibilité de découvrir d'autres squelettes, car seulement un tiers de la zone de 500 m² a été fouillé à ce jour.
Les recherches archéologiques sur place devraient se poursuivre jusqu'au début du mois d'avril, offrant peut-être de nouvelles révélations sur ce mystérieux site historique. Cette découverte rappelle l'importance des fouilles préventives dans les zones urbaines, où le passé peut ressurgir de manière inattendue.



