Un chirurgien de Floride a été inculpé d'homicide involontaire en avril 2026 après avoir retiré le foie d'un patient de 70 ans au lieu de sa rate. Lors d'une déposition publiée le 7 mai, le praticien justifie cette confusion anatomique qui a entraîné la mort de son patient, affirmant que cette bévue l'a « traumatisé à vie ».
Une opération fatale
En août 2024, Thomas Shaknovsky, 44 ans, aurait retiré le foie de William Bryan au lieu de sa rate, causant la mort de ce dernier. Un an après les faits, la veuve de la victime a intenté une action contre le praticien et un grand jury a inculpé Shaknovsky d'homicide involontaire en avril 2026. Ce dernier a plaidé non coupable.
Dans une déposition réalisée en novembre et publiée par NBC le jeudi 7 mai, le chirurgien est revenu sur ce grave incident. Il y décrit la mort de William Bryan comme un « événement incroyablement malheureux » et fait part de ses regrets.
Le récit du chaos
Dans ce témoignage, le chirurgien a fourni pour la première fois un récit détaillé de l'opération mortelle. Il revient sur le chaos dans la salle d'opération lorsque le patient a commencé à saigner abondamment, provoquant l'arrêt de son cœur. Le praticien dit avoir tenté de trouver l'origine de cet épanchement, en vain.
« C'était comme un évier qui déborde et qui est bouché, et je cherche une fourchette au fond… je n'y parvenais pas », décrit-il. Pendant 20 minutes, l'équipe médicale tente de réanimer William Bryan, mais l'homme ne reprendra jamais conscience.
Une confusion anatomique contestée
Pour expliquer la confusion entre les deux organes, l'Américain explique avoir pensé que la rate de Bryan faisait « le double de sa taille normale » en raison d'une masse présente sur celle-ci. Cette version est mise à mal par le témoignage de l'épouse du défunt, qui certifie qu'un médecin légiste lui a dit que la rate de son mari était anatomiquement « presque normale », selon NBC.
Après avoir retiré le foie de Bryan, le chirurgien a ordonné à une infirmière d'étiqueter l'organe comme étant une « rate » et l'a également identifié comme une rate dans les notes postopératoires. Pour Beverly Bryan, la veuve de la victime, le chirurgien aurait « délibérément omis toute référence au retrait du foie de M. Bryan afin de dissimuler sa négligence grave ou son imprudence et d'éviter l'embarras dû à des soins aussi défaillants ».
Des accusations dont se défend le professionnel de santé : « Je ne pouvais pas faire la différence parce que j'étais tellement bouleversé », a-t-il déclaré, en référence à l'organe qu'il a identifié par erreur. « C'est une chose dévastatrice, avec laquelle je devrai vivre le reste de ma vie », a déclaré Shaknovsky dans sa déposition consultée par NBC. « J'y pense tous les jours. »
Conséquences judiciaires
S'il est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, Thomas Shaknovsky encourt jusqu'à 15 ans de prison et une amende frôlant les 8 500 euros. Cette affaire soulève des questions sur les erreurs médicales et leurs conséquences juridiques.



