Le 5 septembre 2012, lors du massacre de Chevaline, en Haute-Savoie, les gendarmes découvrent une scène d’une rare violence. À l’intérieur d’un break familial immatriculé en Grande-Bretagne, trois adultes gisent sans vie, criblés de balles. Mais sous les jambes de l’une des victimes, une petite fille de 4 ans, Zeena al-Hilli, est retrouvée vivante, cachée et prostrée. Sa sœur aînée, Zainab, alors âgée de 7 ans, est découverte à quelques mètres du véhicule, grièvement blessée à la tête et laissée pour morte par le tueur.
Une scène de crime glaçante et des victimes criblées de balles
Ce jour-là, un cycliste de passage est également tué par arme à feu. Le bilan est lourd : quatre morts, dont le père Saad al-Hilli, la mère Iqbal et la grand-mère Suhaila al-Allaf, ainsi que le cycliste français. Les enquêteurs comptent des dizaines d’impacts de balles sur le véhicule familial. Zeena, choquée et sous l’effet de la sidération, est restée immobile pendant des heures aux côtés des corps de ses proches, sans être vue par le tueur. Ce n’est qu’en fin de journée, plusieurs heures après la fusillade, que les gendarmes découvrent la fillette, silencieuse et recroquevillée, sortie indemne du carnage.
Zainab, grièvement blessée, a été placée dans le coma à l’hôpital de Grenoble. Elle a survécu et a pu retourner au Royaume-Uni quelque temps après sa petite sœur. Les deux fillettes sont les seules survivantes de la tragédie, mais Zeena, trop jeune, ne livrera que des bribes de souvenirs, avec ses mots d’enfant. Elle dira qu’elle était « avec papa », « avec maman » et « avec [ma sœur] », sans pouvoir fournir d’élément permettant d’identifier l’auteur des faits.
Une affaire non élucidée confiée au pôle cold case de Nanterre
L’affaire, non élucidée, a été confiée en 2022 au pôle judiciaire chargé des crimes sériels ou non résolus de Nanterre, l’année de sa création. Ce pôle examine actuellement une arme retrouvée le 20 août 2026 par des vacanciers britanniques dans le lac d’Annecy. Cette découverte pourrait faire rebondir les investigations. Le type d’arme correspondrait à une piste déjà suivie, celle d’un acte gratuit, sans mobile, mais les enquêteurs restent prudents. De nombreuses hypothèses ont été évoquées depuis 2012, dont celle d’un règlement de comptes, mais aucune n’a abouti.
La fillette, qui aurait pu être un témoin clé, n’a pas pu aider les enquêteurs. Aujourd’hui, l’arme retrouvée dans le lac d’Annecy pourrait être celle du crime et permettre d’identifier le suspect numéro 1. Le pôle cold case de Nanterre, spécialisé dans les affaires non résolues, a repris le dossier et poursuit les analyses. L’affaire reste ouverte, et les proches des victimes attendent toujours des réponses, quatorze ans après les faits.



