Fermeture de la chaussée Saint-James : une voie historique coupée par l'incivilité
Chaussée Saint-James fermée : incivilités et dégradations

Une fermeture inévitable pour une voie historique

Depuis le jeudi 12 février à 9 heures, la chaussée Saint-James, qui relie Port-d'Envaux à Taillebourg en Charente-Maritime, est entièrement fermée à la circulation. Cette décision, prise par la direction départementale des routes, met un terme provisoire à l'utilisation de cet ouvrage singulier, construit sur une ancienne voie romaine et mentionné dès le XIIe siècle.

Une alternative précieuse lors des crues

La chaussée Saint-James joue un rôle crucial en suppléant la route départementale 127 lorsque celle-ci est submergée par les eaux de la Charente. Située en surplomb, cette voie étroite permet d'éviter un long détour par Saintes en amont ou par Saint-Savinien en aval. Avec la répétition des épisodes de crue, son utilité ne fait aucun doute.

L'incivilité des usagers au cœur du problème

Malgré son importance, cette alternative est devenue ingérable à cause du comportement irresponsable de certains automobilistes. Cathie Guiberteau, adjointe à Port-d'Envaux, témoigne : « Si vous saviez le nombre de gens qui se menacent pour des questions de priorités ». Le maire de Taillebourg, Pierre Texier, confirme : « Le trafic a augmenté. Il y a des 'garages' sur les côtés qui ne sont pas respectés. C'est le Far West. Les gens s'engueulent, s'invectivent. Et puis il y a des véhicules pas adaptés qui essaient de passer quand même ».

Dégradations accélérées et affaissement

Le passage de camions non autorisés a aggravé les dégradations causées par le temps. La voie commence désormais à s'affaisser du côté du marais, rendant la situation dangereuse. Face à ce constat, la direction départementale des routes a opté pour une fermeture totale. Pierre Texier, bien que regrettant le manque de concertation, comprend cette décision : « Si quelqu'un se met au bouillon, forcément, il se retournerait contre le Département ».

Un impact significatif sur la circulation locale

La fermeture de cette « voie romaine » complique considérablement la vie des habitants et usagers. Sylvain Barreaud, maire de Port-d'Envaux, précise : « En temps normal, il y a 4 000 véhicules par jour sur la départementale. Pour la voie romaine, on doit être entre 1 500 et 2 000. C'est vrai que les gens râlent, mais la décision est logique ». Il appelle le Département à engager rapidement une réflexion sur l'avenir de cet axe.

Les solutions envisagées et leurs limites

Plusieurs options sont sur la table pour permettre une réouverture sécurisée :

  • Des feux tricolores : jugés trop dangereux pour un segment d'environ 500 mètres.
  • Un passage à sens unique : frustrant pour les usagers, mais techniquement possible.

En attendant, les automobilistes doivent se résoudre à effectuer un détour conséquent, illustrant les conséquences tangibles de l'incivilité routière sur le patrimoine et le quotidien des populations.