La haute-commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry a saisi la justice au sujet de la plateforme de tchat Chatiw, quelques jours après l'annonce de l'ouverture d'une enquête sur Cocoland, un site accusé d'avoir facilité des agressions sexuelles. Dans un entretien au Monde, elle a indiqué avoir alerté la plateforme Pharos, l'Arcom et le parquet de Paris.
Un site sans vérification d'âge
Chatiw permet aux internautes d'échanger par messagerie privée gratuitement, sans demander de vérification d'âge, d'adresse email ni de création de compte. Selon Sarah El Haïry, des alertes ont été reçues concernant des messages à caractère sexuel que des utilisateurs pouvaient recevoir dès leur première connexion. Elle a saisi Pharos le 28 avril, puis l'Arcom et le parquet de Paris le 1er mai.
Des actions répétées contre les sites dangereux
Cette action s'inscrit dans une série de mesures contre les plateformes facilitant les sollicitations sexuelles. La semaine dernière, Sarah El Haïry avait déjà saisi la justice pour les sites Chaat.fr et legarçon.net. Mi-avril, elle avait alerté sur la résurgence du site Coco, fermé en 2024 après avoir été lié à de nombreux crimes sexuels, dont ceux contre Gisèle Pelicot.
« Quand on reçoit une alerte sur un site, on vérifie s'il y a des mécanismes de protection suffisants pour éviter qu'un mineur soit confronté à des prédateurs ou à des sollicitations sexuelles », a-t-elle déclaré au Monde. « Si on constate une absence de vérification de l'âge, d'inscription préalable ou des comportements problématiques, je saisis systématiquement Pharos et l'Arcom. »
Le gouvernement intensifie ainsi sa lutte contre les plateformes en ligne qui exposent les mineurs à des risques sexuels. Chatiw reste actif à l'heure actuelle, mais l'enquête en cours pourrait aboutir à des mesures restrictives ou à une fermeture.



