Un conflit de voisinage autour d'un chat roux prend des proportions judiciaires
Ce mardi 10 février, la propriétaire de Rémi, un chat roux d'une dizaine d'années, est revenue devant le tribunal judiciaire de Béziers. L'audience concernait le règlement d'astreintes qu'elle doit à son voisin, Christian, qui affirme que l'animal continue de s'introduire chez lui malgré une précédente condamnation.
Une histoire qui dépasse le simple différend local
Depuis plusieurs années, Dominique et Christian, deux voisins agathois, sont au cœur d'un conflit qui a pris une ampleur médiatique nationale. Le tribunal correctionnel de Béziers avait déjà statué le 17 janvier 2025, estimant que Christian ne pouvait plus jouir paisiblement de son jardin à cause du chat.
La sexagénaire avait été condamnée à verser 450 € pour préjudice moral et à faire cesser les allées et venues de son matou, sous peine d'une astreinte de 30 € par jour de retard.
L'argumentation de la défense : un manque de preuves flagrant
Lors de l'audience, Me Tonin Alranq, l'avocat de Dominique, a vivement contesté les demandes du voisin. "À aucun moment, on ne peut prouver que Rémi est le chat que l'on voit sur les multiples photos", a-t-il plaidé, soulignant la présence d'autres chats roux dans le quartier.
L'avocat a également rappelé les mesures prises par sa cliente : "Elle a exécuté la décision du tribunal en l'empêchant de sortir, ce qui fait que le chat devient fou". Une question rhétorique a marqué l'audience : "On ne sait plus ce qu'il faut faire, l'euthanasier et remettre sa peau à monsieur ?"
La partie civile dénonce un préjudice continu
Me Florence Delfau-Bardy, avocate de Christian, a présenté des arguments diamétralement opposés. Elle a évoqué des dépenses de 1 700 € pour refaire un crépi endommagé par des traces de pattes, et insisté sur l'impact quotidien : "Mon client ne peut plus profiter de son extérieur".
L'avocate a également pointé les déclarations publiques de Dominique, affirmant qu'elle aurait dit "qu'elle n'en a rien à faire et qu'elle laissera son chat faire". Elle réclame la liquidation de l'astreinte, qui pourrait atteindre plusieurs milliers d'euros, ainsi qu'une nouvelle astreinte de 150 € par jour de retard.
Une décision attendue avec impatience
Le juge d'exécution a mis l'affaire en délibéré et rendra sa décision fin mars. Cette audience s'inscrit dans un feuilleton judiciaire qui semble loin d'être terminé, illustrant comment un simple conflit de voisinage peut se transformer en bataille juridique complexe.
L'affaire du chat Rémi continue ainsi de mobiliser l'attention, posant des questions sur la responsabilité des propriétaires d'animaux et les limites du droit de propriété dans les relations de voisinage.