En pleine nuit du 15 au 16 mai 2026, en plein Festival de Cannes, un homme de nationalité étrangère a pris le volant de la voiture d'un ami et s'est lancé dans une course folle dans les rues de la ville. Ce lundi 13 juillet, il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Grasse pour refus d'obtempérer, délit de fuite et conduite sous l'emprise de stupéfiants. Une chose a mis d'accord toutes les parties : c'est un miracle qu'il n'y ait eu aucun blessé.
Une course-poursuite de cinq minutes
Pendant cinq minutes, le conducteur a percuté plusieurs barrières, roulé à contresens, ignoré les sommations des policiers municipaux qui le mettaient en joue et semé la brigade anticriminalité (BAC) lancée à sa poursuite. Tout cela alors que la fête battait son plein dans le cadre du Festival de Cannes. Selon le tribunal, un conducteur de trottinette et un piéton ont échappé au pire par miracle. Des Harley Davidson ont été fauchées et une BMW percutée.
La course-poursuite s'est achevée sur la plage : le conducteur a abandonné le véhicule aux abords de la plage et s'est précipité à l'eau, tentant de fuir par la mer. « Heureusement, les forces de l'ordre vous raisonnent et vous finissez par vous rendre », a commenté la juge Pascale Cina.
Neuf mois d'emprisonnement requis
À la barre, le prévenu, qui s'exprimait à voix très basse via un interprète, a peiné à expliquer ses actes. « J'ai pris de la cocaïne pour la première fois, ça m'a fait perdre mes moyens », a-t-il déclaré, ajoutant consommer régulièrement du cannabis et s'être laissé entraîner par des collègues lors d'une soirée trop arrosée. « Vous auriez pu mourir, n'importe qui aurait pu mourir », a lancé la juge.
Le procureur Julien Pronier a requis 6 mois d'emprisonnement avec maintien en détention, soulignant qu'« aucun élément du Code de la route n'est respecté » et que « tous les éléments pour un homicide involontaire étaient réunis ». L'avocate de la défense, maître Charlène Vella-Malagoli, a tempéré en soulignant que son client « a fait l'erreur de sa vie » et qu'il a entamé un travail psychothérapeutique en détention. « Il a investi sa détention et essaie de s'en sortir », a-t-elle plaidé.
Jugement rendu
Le tribunal a finalement condamné le prévenu à 9 mois d'emprisonnement avec maintien en détention, une peine supérieure aux réquisitions du parquet. Le jugement a été rendu en fin d'après-midi ce lundi.



