Le cannabis reste la drogue dominante en France, mais cocaïne et ecstasy progressent fortement
Cannabis dominant, cocaïne et ecstasy en forte hausse en France

Le marché des stupéfiants en France : le cannabis toujours roi, mais la cocaïne et l'ecstasy grimpent en puissance

Une étude approfondie publiée mercredi par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) dresse un premier état des lieux complet du marché des stupéfiants en France pour la période 2016-2024. Les conclusions sont sans appel : le cannabis conserve sa position dominante, mais les trafics de cocaïne et d'ecstasy connaissent une augmentation particulièrement marquée et préoccupante.

Des chiffres en hausse constante depuis 2016

Le SSMSI rapporte des données chiffrées qui illustrent l'ampleur du phénomène. En 2024, pas moins de 52 300 personnes ont été mises en cause pour trafic de stupéfiants, tandis que 290 400 individus ont été concernés pour usage de stupéfiants. Ces chiffres, en constante progression depuis 2016, soulignent l'ancrage profond de ces marchés illicites dans le paysage français.

L'étude met en lumière un aspect crucial : les profils des personnes mises en cause varient considérablement en fonction de la substance impliquée. Cette différenciation est essentielle pour comprendre les dynamiques spécifiques à chaque type de stupéfiant.

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Le trafic de cannabis : une affaire de jeunes

Concernant le cannabis, substance reine du marché, les statistiques sont éloquentes. L'âge médian des personnes impliquées dans son trafic est de seulement 21 ans. Plus frappant encore, 22% des mis en cause sont des mineurs, et plus des trois quarts ont moins de 30 ans. Cette jeunesse des acteurs du trafic constitue un défi majeur pour les autorités.

Le SSMSI note également des disparités genrées intéressantes. Bien que globalement sous-représentées, les femmes sont au moins deux fois plus impliquées dans le trafic et l'usage de kétamine ou d'amphétamines que dans celui du cannabis.

La surreprésentation des étrangers dans certains trafics

L'étude aborde également la question de l'origine des personnes mises en cause. Les étrangers, qui représentent 8% de la population française, constituent 22% des mis en cause pour trafic de stupéfiants et 12% pour usage. Cette proportion atteint des niveaux particulièrement élevés pour certaines substances, comme le crack, où ils représentent presque la moitié des personnes concernées.

Consommation : le cannabis largement en tête

Du côté de la consommation, le cannabis reste, et de loin, le principal stupéfiant. Il est au cœur de 78% des affaires de trafic et de 92% des cas d'usage recensés en 2024. Il s'agit principalement de résine de cannabis, impliquée dans plus de trois cas sur quatre. Les drogues de synthèse et le cannabis sont associés aux consommateurs les plus jeunes.

Après le cannabis, ce sont la cocaïne, l'héroïne et l'ecstasy-MDMA qui concernent le plus grand nombre de personnes mises en cause, dans cet ordre.

Des évolutions contrastées et une géographie spécifique

Le SSMSI observe que les dynamiques sont très différentes selon les substances. Le nombre de personnes mises en cause pour trafic de cocaïne ou d'ecstasy croît beaucoup plus rapidement que celui lié au cannabis ou à l'héroïne. De même, l'usage du cannabis, de la cocaïne et de l'ecstasy (substances éligibles à l'amende forfaitaire délictuelle) augmente fortement, tandis que celui de l'héroïne enregistre une baisse.

La géographie du trafic et de la consommation est également très marquée :

  • Le cannabis est particulièrement concentré en Île-de-France et dans les Bouches-du-Rhône.
  • L'héroïne concerne davantage le nord et l'est de la France.
  • Les drogues de synthèse et le crack sont plus prisés à Paris.
  • Les ventes de cocaïne ont principalement lieu en Guyane, en Martinique, sur le littoral méditerranéen et dans l'agglomération parisienne.

Cette cartographie précise des trafics permet de mieux cibler les actions des forces de l'ordre et des politiques publiques de prévention et de répression.

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