Quand la canicule s’ajoute à une surpopulation carcérale de plus de 300 %, les conditions de détention à la maison d’arrêt de Nîmes ne cessent de se dégrader. Les nerfs du personnel et des détenus sont mis à rude épreuve.
Une prison saturée et une chaleur accablante
Avec 192 places théoriques, la seule prison du Gard croule sous une surpopulation carcérale croissante, atteignant un taux d’occupation de plus de 300 %. Avec l’arrivée de la canicule, la situation s’aggrave encore. « L’air est devenu irrespirable avec cette chaleur », s’indigne Sébastien Pagès, secrétaire local de FO Justice. « Dans les couloirs, il doit faire aux alentours de 40 degrés et je ne vous raconte pas dans les cellules. Avec le soleil qui tape dans un 9 mètres carrés avec trois personnes, les détenus sont mis à rude épreuve et les esprits s’effritent vite. »
Des bagarres quotidiennes et la peur d’un drame
« On a des bagarres tous les jours et j’ai peur qu’un jour il y ait un mort chez mes collègues ou chez les détenus. Surtout que ce sont souvent les plus calmes qui se font victimiser », s’inquiète M. Pagès. Actuellement, 27 nouveaux prisonniers résident provisoirement au quartier des arrivants et attendent qu’une place se libère, mais la maison d’arrêt ne désemplit pas. Rien que dans le quartier des femmes, il y a 20 places théoriques pour 56 détenues. Plus largement, sur l’ensemble du secteur de la Direction Interrégionale de Toulouse, on décompte plus de 1 200 matelas au sol.
Des solutions ignorées par la hiérarchie
« Cette situation n’est pas nouvelle et je pense que les aménagements de peine devraient être plus souvent envisagés, comme les bracelets électroniques ou les peines de semi-liberté. Mais on sent que nos supérieurs ne nous écoutent pas, voire qu’il y a une forme de mépris », déplore le représentant de FO Justice. Il attend de voir la mise en place du nouveau quartier, qui devrait voir le jour courant 2025. Cependant, il craint que cela engendre de nouvelles inégalités de conditions de détention, voire de nouvelles tensions chez les détenus. Affaire à suivre.



