La Haute cour de justice de Catalogne a rejeté la demande de pension d'invalidité d'une comptable de 62 ans souffrant d'un cancer de l'estomac et d'une incontinence fécale, estimant que son travail de bureau ne nécessitait pas d'effort physique intense. Cette décision, rapportée par le média Noticias Trabajo, a suscité l'indignation.
Une pathologie jugée bénigne par les magistrats
La sexagénaire, qui a subi une ablation tumorale de l'estomac, présente des complications post-opératoires, dont une incontinence fécale l'obligeant à porter des couches au quotidien. Malgré ces symptômes, la Sécurité sociale espagnole a estimé qu'elle souffrait uniquement d'une « limitation à l'effort physique intense ou continu », ne justifiant pas une invalidité permanente.
La comptable a alors porté l'affaire devant la Haute cour de justice de Catalogne, insistant sur le fait que ses pathologies la rendaient inapte à toute activité professionnelle. Le tribunal a toutefois maintenu sa position, concluant qu'elle « n'est pas incapable d'exercer sa profession habituelle avec le professionnalisme, la performance et le dévouement qu'elle requiert, car elle ne souffre d'aucune limitation fonctionnelle qui l'en empêcherait ».
Un précédent judiciaire controversé
Cette affaire n'est pas un cas isolé en Espagne. Récemment, un homme lourdement handicapé par un cancer s'est vu refuser une indemnisation à 100 %, la justice l'invitant à reprendre des « travaux légers ». De même, une aide-soignante radiée pour invalidité après une mise à la retraite pour incapacité permanente a réclamé près d'un demi-million d'euros.
Ces décisions soulèvent des questions sur la reconnaissance des maladies chroniques et de leurs conséquences invisibles, comme l'incontinence, dans l'évaluation de l'incapacité de travail. Selon des experts, la justice espagnole applique une interprétation stricte de la loi, exigeant une preuve d'incapacité fonctionnelle sévère pour accorder une pension d'invalidité.
Impact sur la vie quotidienne de la comptable
Pour la comptable, le refus de pension signifie qu'elle doit continuer à travailler malgré des douleurs et des contraintes physiques importantes. L'incontinence fécale, en particulier, l'oblige à des pauses fréquentes aux toilettes et à porter des couches, ce qui peut affecter sa dignité et sa productivité. Le jugement a été rendu définitif, sans possibilité d'appel.
Cette affaire met en lumière les limites du système de sécurité sociale espagnol face aux maladies complexes, où les symptômes non visibles sont souvent sous-estimés. Les associations de patients réclament une révision des critères d'évaluation de l'invalidité, afin de mieux prendre en compte les pathologies chroniques et leurs répercussions sur la vie professionnelle.



