Entre les quartiers de Bonaval et de la Font-Neuve, à Béziers, une dizaine de cambriolages ont eu lieu depuis six mois, provoquant l’inquiétude de certains habitants et commerçants. Le travail d’une vie volé en éclats. Voilà ce qu’a vécu Élodie, la propriétaire du salon de coiffure "Les folies d’Élodie", rue de Saint-Génies, près du cimetière neuf. En l’espace d’un mois, son commerce a été cambriolé à deux reprises : la première fois, la vitrine a explosé sous les coups de parpaings des malfrats ; la seconde, ils n’ont pas réussi à fracturer la porte provisoire à l’aide d’un pied-de-biche.
Des commerçants sous tension
"Des clientes ont peur d’aller à la messe à cause de ça, maintenant. J’ai encore la boule au ventre quand j’y pense, se désole Élodie. Surtout que je n’ai rien à voler, les clients ne payent quasiment plus en liquide…" Résultat, la commerçante biterroise a dû s’endetter pour sécuriser son local, alors qu’elle n’en est pas la propriétaire. Une lettre de sa main va d’ailleurs être envoyée au maire pour demander un soutien financier ainsi que des mesures pour faire face à l’insécurité.
Dans ce quartier plutôt calme et résidentiel, Élodie est loin d’être la seule à avoir subi le même sort. Une esthéticienne installée à côté d’elle, ainsi que deux marbreries et une fleuriste, non loin de là, sur la route de Corneilhan, ont également été cambriolés. Certains à plusieurs reprises même. Baies vitrées brisées, fond de caisse ou même ordinateur, les cambrioleurs ne sont pas repartis les mains vides.
"On est dégoûté de se faire casser la boutique comme ça, souffle une des commerçantes. C’est notre outil de travail, on a dû mettre des planches en bois en attendant les réparations, ce n’est pas très vendeur… Il y avait des clients qui pensaient qu’on était fermé."
Témoignages et inquiétudes
"Avant moi, ma maman était là depuis 1991, elle n’a jamais eu de problème, explique Lydie, la fleuriste. Quand je ferme l’hiver et qu’il fait nuit tôt, j’ai un peu peur. J’aimerais bien qu’ils mettent des caméras dans le quartier. Mais bon, est-ce que ça va changer les choses…" Les forces de l’ordre ont bien mené l’enquête après les différents dépôts de plainte, mais pour l’instant, les malfaiteurs n’ont pas été identifiés. La fleuriste a reçu un courrier du tribunal de Béziers, annonçant que les poursuites s’arrêtaient là, faute d’identification.
Sur les images de surveillance de l’une des boutiques cambriolées, que Midi Libre a pu visionner, des individus plutôt jeunes sont visibles à l’écran. "C’est possible que ce soit des gamins, oui, estime Anne, gérante de la boutique Roc Eclerc. C’est sûr que ce ne sont pas des professionnels. Moi, ils n’ont même pas touché à la caisse, ils ont laissé un ordinateur neuf dans un carton. Par contre, ils m’ont volé des chips… C’est formidable. En tout cas, les gitans m’ont dit que ce n’était pas eux parce qu’ils ne touchent pas à tout ce qui tourne autour de la mort."
Des particuliers également visés
Outre ces cinq commerces, des particuliers ont aussi été victimes de cambriolages dans le quartier, dont une dame âgée, qui s’est fait dérober plusieurs milliers de bijoux l’an dernier. Il y a quelques jours, ce sont deux personnes distinctes, résidant non loin du Four-à-Chaux, qui ont été visitées dans la nuit… "Ils ont essayé de voler ce qu’il y avait dans la voiture et après ils ont essayé de rentrer dans la maison de mon voisin en pleine nuit, relate l’un d’entre eux. Il a réussi à les faire fuir mais la nuit dernière, il a vu un drone voler autour de sa maison. Franchement, j’espère que ça va s’arranger parce qu’on a plein d’affaires dans le jardin et on veut pouvoir dormir tranquillement."
Un mineur arrêté en flagrant délit
À l’heure actuelle, les enquêtes conduites par la police nationale se poursuivent afin d’identifier les cambrioleurs ayant sévi dans ces affaires. Il y a quelques jours, un mineur a bien été interpellé en flagrance lors d’un cambriolage, selon nos informations. Mais l’interpellation a eu lieu du côté du centre-ville de Béziers, pas aux abords du cimetière neuf. Pour l’instant, les enquêteurs cherchent à savoir si l’individu interpellé n’en est pas à son coup d’essai ou si c’est un cas isolé.



