Une confiance mal placée au cœur du procès
Le tribunal de Béziers a rendu son verdict lundi 1er juin en condamnant un ressortissant algérien en situation irrégulière à trois ans de prison ferme, assortis d'une interdiction définitive du territoire national. L'homme était poursuivi pour l'agression sexuelle d'une femme qu'il avait abordée en centre-ville le 29 mai. Les faits se sont déroulés alors que la victime venait de déposer son enfant à l'école.
Une proposition anodine qui tourne au cauchemar
Ce jour-là, la jeune femme, fraîchement arrivée à Béziers avec sa famille, croise la route d'un inconnu qui lui propose de la raccompagner chez elle. Après une brève hésitation, elle accepte, trouvant le geste aimable. "J'ai trouvé ça gentil, même si je ne le connaissais pas", a-t-elle confié aux magistrats. Mais une fois à bord du véhicule, l'homme change de comportement : il commence à la toucher, l'embrasse de force, puis baisse son pantalon et se masturbe. Sidérée dans un premier temps, la victime parvient à réagir, s'enfuit et tombe sur une patrouille de police municipale qui interpelle le suspect. Ce dernier nie immédiatement les faits.
Un prévenu ivre et contestataire
Lors de son arrestation, le prévenu était en état d'ébriété. Il a refusé de se soumettre au dépistage d'alcoolémie, avant d'accepter six heures plus tard : son taux s'élevait à 0,48 gramme par litre de sang. Devant le tribunal, il a maintenu ses dénégations, affirmant ne pas parler français, ce qui a été contredit par les échanges. Il a même tenté d'intimider la victime en lui lançant "Regarde bien", avant d'être rappelé à l'ordre par le président.
Une victime traumatisée
La jeune femme s'est vu prescrire neuf jours d'interruption temporaire de travail (ITT). Son avocate, Me Eva Slinkman, a souligné sa naïveté : "Elle a accepté de monter et tout a été très brusque. Depuis, elle est totalement déboussolée." Le ministère public a requis cinq ans de prison et l'interdiction définitive du territoire, insistant sur la constance des déclarations de la victime : "Elle n'a jamais changé de version. N'a jamais exagéré. Vous avez tout le temps une nouvelle histoire à nous conter."
La défense plaide le sursis
L'avocat du prévenu, Me Samuel Talon, a plaidé le doute, affirmant que son client avait toujours gardé la même version des faits. Il a demandé une peine de sursis, invoquant la situation de soutien de famille de son client. Le tribunal n'a pas suivi cette argumentation, prononçant une peine ferme de trois ans et l'interdiction définitive du territoire.



