Fin juillet, près de Béziers, l'Office français de la biodiversité (OFB) a interpellé douze personnes dans le cadre d'un trafic illégal de chardonnerets élégants et de linottes mélodieuses. Les enquêteurs ont saisi dix armes à feu, sept pieds de cannabis et découvert vingt-deux passereaux morts. Trente-quatre oiseaux ont pu être relâchés.
Des filets agricoles détournés en pièges
Depuis plusieurs années, des champs de tournesol ont fait leur apparition autour de Béziers. Pour protéger leurs plantations, les agriculteurs installent des filets afin d'empêcher les passereaux d'accéder aux cultures. Avec les très fortes chaleurs, les chardonnerets tentent de se mettre à l'ombre sous ces cultures. Les filets, volontairement dégradés, présentent de larges ouvertures qui deviennent un piège pour ces oiseaux fragiles et très convoités.
« Nous sommes face à une problématique récurrente qui est le résultat de longues traditions d'une certaine communauté, explique un responsable de l'OFB. Les filets, en soi, ne sont pas dangereux pour ces passereaux qui tentent de se mettre à l'ombre des cultures, mais ils s'y retrouvent piégés. Ces filets sont malheureusement détournés de leur fonction initiale et nous avons retrouvé des dizaines d'individus morts dans les champs. »
Une opération d'envergure menée dans sept départements
Après plusieurs mois d'enquête, les agents de l'OFB de sept départements, accompagnés de policiers du commissariat de Béziers, ont interpellé douze personnes ainsi que de nombreux mineurs, sous la responsabilité du parquet de Béziers. L'opération, débutée fin juillet, s'est en partie achevée en ce début de semaine. Les perquisitions ont permis de saisir de nombreuses cages destinées à la revente en France et à l'étranger.
« Les derniers bilans effectués sur le territoire national, ajoute ce responsable de l'OFB, montrent que les populations d'oiseaux spécialistes des milieux agricoles et bâtis ont diminué d'un quart ces 30 dernières années. Le chardonneret élégant subit une régression marquée de 30 %. Outre l'urbanisation grandissante et l'évolution des milieux agricoles, une des causes importantes est liée au trafic de l'espèce avec probablement plusieurs milliers d'oiseaux capturés illégalement chaque année. »
Des peines lourdes et des procédures incidentes
Ces faits constituent des délits. Les peines maximales encourues par les contrevenants s'élèvent à 150 000 euros d'amende et trois ans de prison. Lors des perquisitions, dix armes à feu ont été saisies ainsi que sept pieds de cannabis dans le cadre de procédures incidentes. Ces derniers faits seront traités par les militaires de la compagnie de gendarmerie de Béziers. L'ensemble du Biterrois n'est pas épargné par ces pratiques, selon l'OFB.



