Braquage d'un bar-tabac à Nîmes : six ans de prison pour l'auteur principal
Braquage à Nîmes : six ans de prison pour l'auteur

Le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné, ce jeudi 27 août, Ayoub Bouafia à six ans de prison avec maintien en détention pour le braquage d'un bar-tabac survenu le 4 janvier 2025. Son complice, mineur au moment des faits, sera jugé en septembre prochain. Un troisième prévenu, poursuivi pour recel de vols, a écopé d'un an d'emprisonnement avec sursis.

Un braquage d'une minute aux conséquences durables

Le 4 janvier 2025, aux alentours de 19 heures, la gérante d'un bar-tabac à Nîmes et son amie, venues l'aider quelques jours après les fêtes, s'apprêtent à baisser le rideau lorsque deux hommes, le visage dissimulé et vêtus de noir, font irruption. L'un d'eux, décrit comme particulièrement stressé, tient en joue les deux femmes avec une arme, tandis que l'autre passe derrière la caisse et repart avec un peu plus de 2 000 euros ainsi que plusieurs cartouches de cigarettes.

Le butin est retrouvé par les policiers sur le toit d'un immeuble dans le secteur du Colisée. Les investigations révéleront que le pistolet utilisé était une arme factice. Pour les deux victimes, le traumatisme, lui, est bien réel et toujours présent. « C'était très violent », ont-elles expliqué devant le tribunal.

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Des victimes marquées à vie

« Elle a ressenti le danger et cette angoisse de mort imminente », insiste Me Nancy Pailhes, l'avocate de la gérante. Depuis les faits, sa cliente a modifié ses habitudes et ferme plus tôt le samedi, conséquence directe de ce braquage. Son amie se dit, elle aussi, toujours profondément marquée par cette « petite » minute de braquage qui a pourtant eu « des conséquences à vie », souligne son conseil, Me Béatrice Lobier-Tupin. « Elle a dû changer son comportement, car elle craint que quelqu'un débarque dans son dos depuis », dénonce l'avocate, tout en rappelant le « courage » dont ont fait preuve les deux femmes.

« C'est impardonnable. Mais je voulais vous dire : vous êtes jeunes, faites quelque chose de bien de votre vie. Parce que la nôtre, vous l'avez détruite à jamais », a lancé la gérante à l'attention des deux prévenus. Une douleur d'autant plus vive pour la commerçante qu'elle connaissait les deux jeunes depuis leur enfance. Tous deux venaient régulièrement dans son établissement.

Des excuses refusées et des explications floues

« Ça me fait mal d'entendre ça, j'ai honte. Je n'avais pas mesuré l'impact que ça aurait. Et sachez que ce n'était pas contre vous », a tenté de répondre l'un des braqueurs à l'audience. Des excuses que les deux femmes refusent d'entendre. Interrogé par le président du tribunal sur les raisons de son passage à l'acte, Ayoub Bouafia a reconnu finalement que « c'était une idée qui me trottait, ce n'était pas réfléchi », ajoutant qu'à cette époque, il ne travaillait pas.

Une version que le procureur peine à croire. « Il y a la cagoule, l'arme, les gants… S'il n'a pas réfléchi aux conséquences, la préparation était, elle, très réfléchie », a-t-il nuancé. Concernant son co-prévenu, celui-ci assure ne pas avoir eu connaissance du braquage commis par son ami. Interrogé sur la présence de ses empreintes sur les cigarettes, il explique qu'un « mec en noir » a tenté de lui vendre la cartouche pour 30 euros. Après l'avoir prise en main, il affirme avoir finalement décliné l'offre.

Des peines fermes requises et prononcées

Le procureur a requis sept ans de prison contre le braqueur et trois ans d'emprisonnement, dont la moitié assortie du sursis, à l'encontre du receleur. Me Jean-Faustin Kamdem, qui défend le receleur, a insisté sur le fait qu'aucun élément du dossier ne permet, selon lui, d'établir que son client avait connaissance du braquage. Son confrère, Me Carmelo Vialette, a plaidé pour une « peine utile ». « La peine n'est pas là pour mesurer la souffrance des victimes, mais pour être utile », a-t-il plaidé.

Après délibéré, Ayoub Bouafia a été condamné à six ans de prison, avec maintien en détention et interdiction de détenir une arme pendant cinq ans. Son coprévenu a écopé d'un an d'emprisonnement avec sursis. Le complice mineur sera jugé en septembre prochain.

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