Publicité « Une droite, deux droites… il m’a enchaîné » : ce gérant d’une boulangerie de Juan-les-Pins violemment agressé par un voisin raconte son calvaire
À la tête de la boulangerie des Pins depuis environ un an avec son épouse, cet artisan a subi les coups violents d’un voisin, dimanche matin, au motif que la musique d’une employée était trop forte. Une plainte a été déposée au commissariat d’Antibes.
L’hématome péri-orbitaire, ou « œil au beurre noir », est aux couleurs de l’attelle qui lui soutient le bras. Alexis Bois, gérant avec son épouse de la boulangerie des Pins, Nassima Reutlinger, a violemment été agressé dimanche matin, aux aurores, par un voisin visiblement levé du mauvais pied. Ce dernier s’est jeté sur l’artisan, lui assenant de violents coups de poing au visage et de pied, occasionnant une luxation de son épaule gauche et cinq jours d’incapacité de travail.
Le motif de son courroux ? Une « petite enceinte connectée » qu’allume quotidiennement une jeune pâtissière employée du couple, vers 6 heures, pour se donner un peu d’entrain alors que démarre une nouvelle journée de labeur. « Mais sans qu’il s’agisse d’un volume excessif », préviennent Nassima et Alexis. Le boulanger poursuit : « Ce n’est pas la première fois qu’il se plaint. Dimanche matin il est venu taper à la fenêtre et c’est moi qui y suis allé. Pour lui dire que ce n’était pas fort et que ce n’était pas de ma faute si les murs n’étaient pas très épais. Mais que c’était notre droit de mettre un peu de musique pendant que l’on travaille. C’est là que ça a dégénéré. »
À terre, il lui saisit les testicules pour se défendre
Dans un premier excès de colère, le voisin intolérant colle son front à celui du boulanger pour mieux lui signifier les règles en vigueur… selon lui. Alexis, dans un geste réflexe, le repousse et fait, dans le même temps, tomber sa casquette. La colère déjà noire de son interlocuteur se transforme en déchaînement de haine.
« C’est parti. Une droite, deux droites… il m’a enchaîné. Je suis parti en arrière. Il en a profité pour entrer par la fenêtre. Je suis revenu vers lui pour essayer de le bloquer. Il m’a alors mis un coup de pied dans l’épaule, ce qui a occasionné la luxation. Je me suis retrouvé par terre. Lui en a profité et m’a sauté dessus. »
L’artisan, pris de court, tente, malgré tout, de se défendre avec les moyens du bord. Pour ce faire, il lui saisit les testicules (c’est le terme qui a été employé dans le procès-verbal que nous avons pu consulter), avant de recevoir de l’aide. « J’ai essayé de l’arrêter mais lui continuait de me taper, dans les cotes, le dos… Fort heureusement, un de mes employés est venu nous séparer et est parvenu à l’immobiliser. Mais c’était trop tard. Moi, il m’avait détruit. »
Une fois ses esprits retrouvés, le voisin regagne le monde extérieur par la fenêtre, celle-là même par laquelle il était entré, « et il m’a lancé : “ Que ça te serve de leçon ”. »
Ces quelques minutes, pour le gérant de la boulangerie et la jeune employée, semblent avoir duré des heures. « Alexis était en sang à mon arrivée, témoigne, encore choquée, son épouse. Notre jeune pâtissière a pu filmer la scène mais elle reste, elle aussi, sous le choc. Que se serait-il passé si mon mari n’avait pas été là ? Il s’en serait pris à elle ? C’est sidérant. C’est un débordement de violence inacceptable. »
Un conflit de voisinage larvé, une plainte déposée
En cause, outre la musique émise par la petite enceinte, c’est le passif d’un conflit de voisinage larvé qui semble à l’origine de ce coup de folie. Débarqué il y a un peu plus d’un an pour reprendre cette boulangerie emblématique de la station balnéaire, le couple a très rapidement eu affaire à ces voisins peu commodes, qu’il s’agisse de l’homme violent ou de sa compagne peu conciliante.
« Ils se sont d’abord plaints du moteur extérieur d’un congélateur, reprend Nassima. On le comprend et, d’ailleurs, dès que cela nous a été possible, on l’a déplacé pour arrêter les nuisances occasionnées. Mais quand nous avons été victimes d’une fuite d’eau provenant de chez eux, ils ont tout fait pour que ça traîne. On a bien essayé de discuter, mais depuis le départ on a l’impression qu’ils essaient de nous faire partir. »
Une plainte a été déposée auprès du commissariat d’Antibes, qui pourrait se saisir des images de vidéosurveillance ainsi que du téléphone de la jeune employée pour mener son enquête.



