Un buraliste bordelais face à une fermeture administrative coûteuse
Depuis le 31 mars, le bureau de tabac situé au 110 cours Aristide-Briand, à Bordeaux, est contraint à la fermeture suite à un arrêté municipal interdisant l'accès à l'immeuble. Cette décision administrative plonge Cédric Amsellem, propriétaire du fonds de commerce depuis neuf ans, dans une situation financière critique.
Un manque à gagner quotidien substantiel
Pour ce commerçant, également implanté rue de Pessac, cours de l'Intendance et à Talence, la fermeture représente un manque à gagner quotidien d'au moins 12 000 à 15 000 euros de chiffre d'affaires, soit environ 3 000 euros de bénéfice par jour. « Et le stock de marchandise est bloqué », déplore le quadragénaire, qui se retrouve dans l'impossibilité d'exercer son activité.
Une procédure administrative complexe
Le bâtiment fait l'objet d'un arrêté de mise en sécurité depuis octobre 2024, conduisant à des mesures provisoires par la propriétaire, une dame âgée sans moyens pour réaliser des travaux pérennes. « En moins de 5 minutes, j'ai été mis dehors », rapporte Cédric Amsellem, évoquant l'intervention des services de Sécurité bâtimentaire de Bordeaux Métropole.
Les autorités municipales pointent des désordres structurels, notamment une poutre de charpente défectueuse et des infiltrations dans la toiture, susceptibles de provoquer l'effondrement de l'immeuble. Malgré la pose d'étais et d'une bâche en 2025, l'administration reproche l'absence de travaux définitifs dans un délai de 10 mois.
Des obstacles financiers et juridiques
Cédric Amsellem envisage de racheter l'immeuble pour sécuriser les lieux, mais se heurte à un refus des banques. « Les banques me refusent un prêt pour un bâtiment frappé d'un arrêté de mise en danger », explique-t-il. La mairie a par deux fois préempté l'achat du bien sans conclure de vente, compliquant davantage la situation.
Le commerçant a chargé un maître d'œuvre d'étudier les travaux nécessaires, quitte à vendre son fonds de commerce pour les financer. Une convention entre notaires est en cours pour tenter de résoudre cet imbroglio juridico-administratif.
Des recours engagés
Me Nadaud, l'avocat du buraliste, a déposé un recours gracieux auprès du maire de Bordeaux dès le 1er avril, dénonçant un manque de contradictoire dans la procédure. « Mon client n'a pas été autorisé à prendre part aux constatations », souligne-t-il, tout en questionnant la cohérence des mesures de sécurité mises en place.
Géraldine Amouroux, adjointe au maire chargée de la sécurité, justifie l'arrêté par « l'antériorité des demandes de travaux jamais faits ». Elle assure qu'une réponse sera apportée au recours, actuellement examiné par les services juridiques.
Une situation préoccupante pour l'emploi
Cédric Amsellem insiste sur son souhait de « continuer de travailler et payer mes salariés ». Face à l'absence de réponse rapide, son avocat envisage de déposer un référé auprès du tribunal administratif pour obtenir la réouverture du commerce.
Cette fermeture affecte également les deux logements situés aux étages, évacués lors du premier arrêté et depuis inoccupés, illustrant l'impact plus large de cette décision municipale sur le quartier bordelais.



