Un bizutage dégénéré dans la forêt de Bouconne près de Toulouse
Le parquet de Toulouse a confirmé, mercredi 1er octobre 2025, l'ouverture d'une enquête pour bizutage aggravé, mise en danger de la vie d'autrui et violences en réunion. Cette procédure fait suite à une plainte déposée par le doyen de la faculté de médecine de Toulouse, après qu'une journée d'intégration organisée le 24 septembre dernier a viré au cauchemar.
Des étudiants retrouvés attachés et en sous-vêtements
La semaine dernière, des automobilistes ont alerté les autorités après avoir aperçu des personnes attachées à des arbres dans la forêt de Bouconne, située à proximité de Toulouse en Haute-Garonne. Sur place, les gendarmes ont découvert des étudiants peu habillés et en état de santé précaire, certains étant seulement vêtus de leurs sous-vêtements. Les températures nocturnes avoisinaient alors les 10 degrés, aggravant leur situation.
Le Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Garonne (SDIS 31) a pris en charge trois victimes : une en urgence absolue et deux autres en urgence relative, souffrant de malaises et d'hypothermie. D'importants moyens ont été déployés pour les secourir, incluant des brigades cynophiles, des drones, des plongeurs et un hélicoptère de la gendarmerie.
Un témoignage accablant sur les conditions du bizutage
Un étudiant de deuxième année, cité par RMC BFMTV, a dénoncé un bizutage abusif. Il a expliqué que le but de l'opération était que les nouveaux étudiants rentrent seuls et se débrouillent par leurs propres moyens. "Ils ont été lâchés relativement seuls, et le fait qu'ils soient alcoolisés, dans une forêt en petite tenue, les rend complètement vulnérables", a-t-il souligné. Il a ajouté : "C'est dangereux, la preuve, il y a des gens qui ont fini aux urgences. Je pense qu'il y a des moyens de s'amuser autrement pour éviter les débordements."
L'université condamne et la loi rappelée
L'université de médecine de Toulouse a fermement condamné ces actes, précisant que cet événement n'avait fait l'objet d'aucune validation ni autorisation de l'administration. Les investigations des forces de l'ordre se poursuivent pour identifier les organisateurs de cette journée d'intégration et établir les responsabilités pénales.
Il est important de rappeler que le bizutage est strictement interdit par la loi du 17 juin 1998. Ce délit pénal est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende, soulignant la gravité des faits survenus dans la forêt de Bouconne.



