Courte séance du conseil municipal, hier, avec tout de même le vote du compte financier unique ainsi que la désignation des suppléants aux délégués pour les élections sénatoriales. Le Compte financier unique (CFU), anciennement appelé compte administratif, présente la photographie budgétaire de l’année précédente. À Brignoles, c’est Chantal Lassoutanie, première adjointe au maire Didier Brémond, qui en assure la présentation. Les questions qui en découlent portent moins sur des incompréhensions que sur des orientations politiques, largement débattues avec les nouveaux élus d’opposition, Jean-Michel Rousseaux et Jérôme Bourrely.
Un excédent budgétaire de 6,4 millions d’euros
Le CFU révèle un résultat excédentaire de plus de 6,4 millions d’euros, une maîtrise des charges de fonctionnement, une progression des recettes et une stabilisation de la masse salariale. « On continue à se désendetter, les dépenses d’investissement révèlent notre dynamisme et notre capacité d’autofinancement », souligne la première adjointe. Seule ombre au tableau : l’encours de la dette est plus élevé que la moyenne des communes de la même strate, mais cela est compensé par un taux d’épargne brute qui permet de faire face sereinement.
Les critiques de l’opposition
Jérôme Bourrely relève que certaines recettes d’investissements ont été nettement inférieures aux prévisions, de même que certaines dépenses. Il s’interroge sur l’affectation du résultat majoritairement en section de fonctionnement : « N’aurait-il pas mieux valu abonder la section d’investissement pour éviter l’emprunt qui fait repartir l’endettement à la hausse ? » Il propose également une baisse du taux d’imposition. Chantal Lassoutanie répond que le maintien des taux est déjà un effort extraordinaire, et Didier Brémond ajoute que c’est un exploit qu’ils n’aient pas augmenté depuis 2015.
Jean-Michel Rousseaux critique la qualité de la prévision budgétaire : « Il y a près de 2 millions d’euros de dépenses de fonctionnement qui avaient été budgétées et qui n’ont pas été réalisées. » Il s’oppose également à la stratégie de vente du patrimoine foncier. Didier Brémond rétorque : « La vente des terrains, c’est une obsession pour vous. On peut avoir du patrimoine, encore faut-il les moyens pour l’entretenir. »
Le quartier de la gare en débat
Une autre délibération concerne la désignation du droit de priorité à l’Établissement public foncier Paca pour le site-pilote « quartier gare et entrée de ville », une zone de 5,5 hectares. Les opposants critiquent la méthode : « On fait les choses à l’envers, estime Jérôme Bourrely. Il aurait fallu avoir le résultat des études, et une vue du projet que vous alliez engager, afin de débattre. » Jean-Michel Rousseaux craint que les engagements pris à l’agglomération échappent au débat local. Didier Brémond se dit surpris : « Si j’avais cédé ce site à un promoteur, qu’auriez-vous dit ? Là, nous aurons une étude, et on a quelques idées de ce qui pourra se faire. »
Le vote du CFU recueille 7 voix contre, une adoption à la majorité qui contraste avec l’unanimité des années précédentes.
Suppléants pour les sénatoriales
Neuf personnalités issues de l’équipe de Didier Brémond ont été désignées comme suppléants aux délégués pour les élections sénatoriales. Il s’agit de Jean-Bernard Léon, Amandine Lepagney-Caruso, Michel Dick, Tiffany Sauvaigo, Farid El Ouahch, Alexandra Bernardi, Jean-Paul Dispard, Valérie Passariello et René Martin. Ces citoyens, non élus au conseil municipal, participeront au vote sénatorial si les titulaires sont empêchés. Le scrutin a donné 26 votes pour et 7 blancs. Didier Brémond et Chantal Lassoutanie, en raison de leurs multiples mandats, ont désigné des remplaçants : Alain Sabates pour le premier, Pierre-Adrien Martelli pour la seconde.



