Le drame survenu au cours d'un concert dimanche soir dans le nord de la capitale thaïlandaise s'avère de plus en plus lourd. Des dizaines de personnes ont été piégées par les flammes et la fumée au sein du bar Rong Beer Na Lat Phrao. Alors que les premières constatations faisaient état de 27 victimes, le bilan est monté à 30 morts mardi matin, selon le bureau du district de Chatuchak. Soixante-quinze personnes ont également été blessées, dont 24 se trouvent dans un état grave.
Les proches des victimes à l'hôpital
Les proches des victimes se sont rendus mardi à l'hôpital général de la police de Bangkok afin d'entamer les démarches administratives permettant de récupérer les corps. Un bureau improvisé a été installé dans le hall pour accompagner les familles en pleurs.
Le deuil et l'attente des familles
Nuttakarn « Mint » Sevoy, 30 ans, s'est déplacée pour son ami d'enfance, Top Sarobol, dont la grand-mère peine à accepter la disparition. « Elle répète que c'est lui qui aurait dû assister à ses funérailles et non elle qui vient récupérer comme ça le corps de son petit-fils », a-t-elle confié.
Pour d'autres familles, l'incertitude demeure. Booyaporn Sermsiri, 51 ans, a fourni un échantillon d'ADN dans l'espoir de retrouver sa fille de 25 ans, Jarawaee « Cartoon » Sermsiri, toujours portée disparue. « Comme on ne l'a pas encore retrouvée, on ne peut qu'attendre. Je prie pour qu'elle aille bien », témoigne-t-elle.
L'enquête technique et administrative
La police scientifique est actuellement déployée dans les décombres calcinés de l'établissement pour déterminer les causes exactes du sinistre et vérifier si des obstacles ont bloqué les issues de secours. Plusieurs témoins ont rapporté avoir aperçu de la fumée s'échapper d'un disjoncteur situé près de la scène. Une coupure de courant a ensuite eu lieu, suivie d'une explosion et de flammes intenses qui ont forcé les clients à fuir dans l'obscurité.
Parallèlement, la situation réglementaire du bar est examinée de près. Un responsable du ministère de l'Intérieur, Unsit Sampuntharat, a indiqué mardi que la validité de la licence de l'établissement était en cours de vérification, des interrogations subsistant sur son autorisation légale à organiser des concerts. Cette tragédie remet en lumière le laxisme fréquent entourant l'application des normes de sécurité dans les établissements nocturnes en Thaïlande, où un incendie dans une boîte de nuit de Bangkok avait déjà fait 67 morts et plus de 200 blessés en 2009.



