Les avocats craignent d'autres victimes après la condamnation d'un pédophile à Alès
Avocats : d'autres victimes potentielles après condamnation pédophile

Un procès qui laisse des questions en suspens

Le tribunal d'Alès a condamné, le 5 février 2026, Fabrice Andrès Zitouni B., habitant de Cendras, à 7 ans de prison dont deux avec sursis probatoire pour corruption de mineur et agressions sexuelles. Cependant, cette décision judiciaire n'a pas permis d'éclaircir complètement l'affaire, laissant planer le doute sur l'existence d'autres victimes potentielles.

Les avocats réclament des investigations supplémentaires

L'avocate alésienne Julie Gras et ses confrères de Montpellier, Jean-Marc Darrigade et Florent de Saint-Julien, qui défendaient deux victimes, expriment leur inquiétude. "Dans cette affaire, il y a un vrai débat sur l'opportunité des poursuites", affirme Me Gras. "Au regard de la procédure, on ne peut être qu'étonné de ne pas avoir été cherché plus loin." Les avocats sont persuadés que d'autres jeunes ont pu être ciblés par ce prédateur sexuel qui opérait dans le nord du Gard.

Un mode opératoire bien rodé

Zitouni B. avait développé une méthode précise pour approcher ses victimes :

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  • Il repérait des jeunes marchant au bord des routes.
  • Il proposait de les déposer à leur lieu de stage ou de lycée.
  • Il revenait les chercher pour les ramener à domicile.
  • Il offrait de l'argent pour l'aider à déménager, créant ainsi un lien de confiance.
  • Ce n'est qu'après cette phase de séduction qu'il passait à l'acte.

Une victime, aujourd'hui éloignée d'Alès, témoigne : "Il utilisait deux téléphones, se servait de deux ou trois voitures différentes et avait des garages. Son schéma de fonctionnement est très répétitif." Elle ajoute : "Il m'a dit 'Trouve-moi quelqu'un d'autre' en plus de moi. Je me doute qu'il a croisé d'autres jeunes garçons."

Des investigations interrompues

Les avocats réclament l'ouverture d'une information judiciaire pour approfondir les recherches. "Il faut rechercher d'autres victimes potentielles", insistent-ils. Les investigations en cours, notamment l'analyse du téléphone du condamné, ont été interrompues pour organiser le procès en comparution immédiate. "On aurait peut-être pu trouver des numéros de téléphone de jeunes", regrettent-ils.

Des faits sur plusieurs années

Dans ce dossier, une première victime s'est manifestée pour des faits commis entre 2019 et 2022. Une autre affaire concerne un jeune agressé à Cendras en 2026. "Et entre les deux ? Il ne s'est rien passé ? En a-t-on la certitude ? Non. On peut passer à côté d'autres cas", s'interrogent les avocats. Lors du procès, le procureur de la République n'a pas fermé la porte à de possibles suites, déclarant : "Si de nouveaux faits venaient à m'être communiqués, une nouvelle enquête pourrait être ordonnée."

Cette affaire soulève ainsi des questions cruciales sur l'étendue réelle des agissements de Zitouni B. et la nécessité de poursuivre les investigations pour protéger d'éventuelles autres victimes.

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