Kévin T., suspect de l'attentat raciste du 23 octobre dans les Yvelines, a brièvement été hospitalisé après une tentative de suicide en détention, ont indiqué mardi deux sources proches du dossier à l'AFP, après des informations de BFMTV et du Parisien.
Une tentative de suicide survenue il y a quelques jours
Cette tentative de suicide « a eu lieu il y a quelques jours, suivie comme habituellement d'une prise en charge par les secours », a précisé l'une de ces sources. « Son pronostic vital n'a pas été engagé, il a pu regagner sa cellule dans la même journée », a-t-elle ajouté. Le détenu a tenté de se pendre, a précisé l'autre source.
Le suspect, âgé de 28 ans, est incarcéré depuis le 29 octobre. Il a été mis en examen et écroué après avoir, selon l'accusation, reconnu avoir ciblé des personnes musulmanes, africaines ou nord-africaines.
Des interrogations sur son état psychologique
Ses avocats, Baptiste Bellet et Eliott Amzallag, ont réagi dans un communiqué : « Nous déplorons […] que cette information, qui relève de la plus stricte intimité de notre client, ait été divulguée aussi rapidement. » Ils ont ajouté : « Nous souhaitons avant tout que sa détention se déroule dans les meilleures conditions possibles, afin que l'instruction puisse suivre son cours sereinement. Cette tentative de suicide soulève néanmoins des interrogations légitimes quant à son état psychologique, lequel devra faire l'objet d'une évaluation médicale approfondie. »
Un parcours marqué par des condamnations et des problèmes psychologiques
Kévin T., condamné à quatre reprises par le passé, la dernière fois en 2012, a fait état de problèmes psychologiques ainsi que d'une forte consommation de stupéfiants dès ses 13 ans. Les analyses ont révélé « la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang » au moment de l'attaque ainsi que des molécules « cohérentes avec la prise des médicaments antipsychotiques et antidépresseurs », d'après le Parquet national antiterroriste (Pnat).
Le procureur avait aussi précisé que selon le médecin, « le diagnostic de schizophrénie allégué par Kévin T. était davantage une interprétation de l'intéressé qu'une conclusion médicale ». Le suspect a été mis en examen pour « assassinats » et « tentatives d'assassinats », « en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée », avait précisé le Pnat.
Le bilan de l'attaque du 23 octobre
Le 23 octobre, Kévin T., au volant de sa voiture, a tué un Français de 26 ans d'origine africaine et en a blessé sept autres personnes, dont quatre grièvement, en majorité d'origine africaine et maghrébine, à Trappes et à La Verrière dans les Yvelines. Des autocollants faits maison louant le parti du Rassemblement national ont été retrouvés chez lui. L'instruction se poursuit, et l'évaluation médicale de son état psychologique devra être menée.