Un sursaut dans l'enquête sur les failles de sécurité
Dix ans après l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, qui a fait 86 morts et plus de 450 blessés, l'enquête sur les défaillances sécuritaires connaît un léger rebond. Selon une information de Libération, les juges d'instruction ont ordonné de nouvelles auditions et expertises, relançant ainsi une procédure longtemps restée au point mort.
Des zones d'ombre persistantes
L'enquête, ouverte pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "non-assistance à personne en danger", vise à déterminer si des responsables ont failli à leur devoir de protection. Les investigations se concentrent sur l'organisation de la sécurité sur la Promenade des Anglais, où le camion-bélier a pu circuler pendant plus de deux kilomètres avant d'être neutralisé. Les critiques pointent notamment l'absence de barrières de sécurité adéquates et la lenteur de la réaction des forces de l'ordre.
Des avancées judiciaires récentes
En mai 2023, la Cour de cassation a confirmé la possibilité de poursuivre des responsables pour ces failles, ouvrant la voie à de nouvelles investigations. Depuis, les juges ont entendu plusieurs témoins et experts, et des rapports de police ont été requis pour analyser les décisions prises le soir du drame. Selon une source proche du dossier, "ces éléments pourraient permettre d'établir des responsabilités individuelles, mais le chemin est encore long".
Un contexte de lenteur judiciaire
L'enquête a été critiquée pour sa lenteur, les parties civiles dénonçant une "justice à deux vitesses". Maître Virginie Le Roy, avocate de plusieurs familles de victimes, déclare : "Nous attendons depuis dix ans que la lumière soit faite. Ce sursaut est un signe d'espoir, mais il ne doit pas masquer les années d'inaction."
Des enjeux de sécurité nationale
Au-delà des responsabilités individuelles, cette affaire soulève des questions sur les protocoles de sécurité lors des grands événements. Le rapport de la commission d'enquête parlementaire, rendu en 2017, avait déjà pointé "des carences graves" dans le dispositif de sécurité. Les nouvelles expertises devraient notamment évaluer si les moyens déployés étaient adaptés à la menace terroriste.
Prochaines étapes
Les juges devraient poursuivre les auditions dans les prochains mois, avec l'objectif de clore l'instruction d'ici 2025. Les parties civiles espèrent que ces nouvelles investigations aboutiront à un procès, permettant de faire toute la lumière sur les circonstances de l'attentat. Comme le rappelle un avocat des victimes, "il ne s'agit pas de vengeance, mais de justice et de prévention pour l'avenir".



