Attaque de chien à La Grande-Motte : le témoignage bouleversant de Sacha, 12 ans
Attaque de chien : le témoignage de Sacha, 12 ans

Le 3 juillet 2025, à La Grande-Motte, un American Bully a attaqué cinq personnes, dont trois enfants. Jugés coupables de blessures involontaires par chien, aggravées par au moins deux circonstances, les propriétaires du chien viennent d'être condamnés par le tribunal judiciaire de Montpellier.

Le témoignage de Sacha, 12 ans

"Aujourd'hui, je ne vis plus pareil qu'avant. Les chiens me font peur. Pendant plusieurs mois, j'ai revécu cette scène. J'entendais Adèle crier. Je revoyais Jules plein de sang. Le wakeboard était mon élément, je ne peux plus en faire maintenant. Je dois vivre avec ces cicatrices en permanence sur ma jambe et sur mon bras. On me dit que ça ira mieux avec le temps. Mais parfois la douleur est si forte que je me cache pour pleurer. J'ai eu peur de mourir. De perdre ma jambe. De perdre Adèle. Il me manque encore un bout de ma jambe. Depuis ce jour, oui, ma vie a changé."

Paré de ses vêtements compressifs, Sacha, 12 ans, a témoigné à la barre du tribunal judiciaire de Montpellier. Ce jour-là, alors qu'il jouait dans son quartier avec ses camarades, Simba, un molosse de 25 kg et d'environ 58 cm de hauteur au garrot, leur a sauté dessus.

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Un comportement héroïque

"Chacun s'est mis en danger pour sauver l'autre. Ils ont eu un comportement héroïque. Sans compter qu'ils ont eu un réflexe salvateur en se protégeant le visage avec leur bras, sinon ils auraient été défigurés", a souligné Maître Guillaume Raymond, représentant les trois enfants et leurs parents. Un automobiliste de 57 ans et sa fille sont également intervenus courageusement. "Sans eux, on se retrouverait devant un cas d'homicide involontaire aggravé", a ajouté l'avocat.

Des blessures graves

Le bilan est lourd : 2 jours d'ITT pour Jules (cuisse droite), 30 jours pour Adèle (bras et jambes), 45 jours pour le quinquagénaire (fracture de la main et multiples lésions), et 66 jours pour Sacha (bras et jambe avec arrachement de la peau et des muscles). Une greffe est prévue pour Sacha en janvier 2027.

"En France, il y a 250 000 attaques de chiens par an dont 4 mortelles. Quand on sait que ce chien de 1 an et demi avait déjà mordu sa propriétaire, un policier municipal et le bénévole d'un foyer où il avait été placé, on peut s'étonner qu'il n'ait pas été euthanasié plus tôt", a pointé Maître Marc Galllix.

La propriétaire du chien condamnée

"On ne voulait plus le garder ce chien. Depuis qu'il m'avait mordue, en décembre, j'avais peur de lui. On cherchait des solutions pour le placer mais on n'en a pas trouvé. Il portait constamment une muselière en tissu", a assuré sa propriétaire, âgée de 28 ans. "Le jour des faits, il est parvenu à ouvrir le portillon et à s'échapper."

Les peines prononcées

Les deux prévenus ont été reconnus coupables de blessures involontaires par chien, aggravées par au moins deux circonstances. La propriétaire a été condamnée à deux ans de prison dont un an assorti d'un sursis avec mise à l'épreuve durant deux ans, soumis à l'obligation de travailler et d'indemniser les victimes. Son ex-conjoint (32 ans) a écopé de douze mois de prison assorti d'un sursis probatoire. Les deux mis en cause ont été frappés d'une interdiction définitive de détenir un chien.

Les indemnités provisionnelles

Sur l'action civile, dans l'attente du renvoi fixé au 5 octobre 2027, les prévenus ont été condamnés solidairement à verser, à titre provisionnel : 5 000 euros à Jules et 3 000 euros à ses parents ; 10 000 euros à Adèle et 4 000 euros à ses parents ; 20 000 euros à Sacha et 6 000 euros à ses parents ; ainsi que 5 000 euros à l'automobiliste et 3 000 euros à sa fille.

Maître Raymond a évoqué "de la maltraitance, des hurlements à la mort, de plusieurs jours passés sans manger" et pointé des carences administratives : absence de certificat de compétence, de vaccin contre la rage, de castration. La propriétaire a répondu : "Il aboyait parce qu'il n'aimait pas être seul. Mais il n'a jamais subi de maltraitance. Pour le reste, je suis consciente que j'ai fauté. Et je m'en veux, chaque jour qui passe, de la tournure des événements."

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