Il y a cinquante ans, l'université de droit de la rue d'Assas, à Paris, était le théâtre d'une violence quotidienne exercée par des groupuscules fascistes. En 1976, quelques dizaines de militants d'extrême droite, armés de menaces et de poings, tenaient l'établissement sans que la police ou la présidence n'interviennent.
Le règne de la terreur
Véronique, une étudiante d'extrême gauche, était venue témoigner au Nouvel Observateur. Elle racontait une vie universitaire devenue insupportable. Ce jour-là, deux de ses camarades avaient été hospitalisés après avoir distribué des tracts : une vingtaine de membres du GUD les avaient agressés. « Jusqu'à présent, les filles étaient plus ou moins épargnées. On les pelote, on leur crache dessus, on fait des plaisanteries obscènes, ça s'arrête là », décrivait-elle.
Une attaque en pleine rue
Lundi dernier, Véronique passait en voiture près d'Assas. Deux militants, attablés à la terrasse du café Lufac, leur repaire, l'ont reconnue. Ils ont enfourché leur moto et l'ont rattrapée rue Guynemer, le long du jardin du Luxembourg. Là, ils ont cassé... L'article est réservé aux abonnés.
Cette situation, faite de menaces et d'agressions, durait depuis des mois. Les autorités universitaires et policières restaient passives, laissant les groupuscules fascistes faire la loi. Un climat de peur régnait dans les couloirs d'Assas, où les étudiants de gauche étaient pris pour cible.



