Un artisan jugé pour extorsion sur une dame de 87 ans à Nîmes
Un entrepreneur de 33 ans, originaire d'Arles et résidant à Nîmes, a été reconnu coupable d'extorsion par le tribunal correctionnel. L'affaire concerne des travaux de toiture réalisés en 2020 au domicile d'une octogénaire de 87 ans, qui a finalement déposé plainte après avoir été contrainte de signer plusieurs chèques pour un montant total de 5 000 euros.
Des faits qui remontent à 2020
L'histoire débute par un démarchage au porte-à-porte effectué par deux hommes d'une entreprise de couverture. Ils proposent à la dame âgée un nettoyage de toiture avec un appareil à haute pression. Rapidement, d'autres travaux sont entrepris et l'entrepreneur principal, Lorenzo G., obtient de l'octogénaire plusieurs chèques.
Initialement, la victime a payé 1 300 euros et 1 000 euros pour le nettoyage de toiture. Mais l'artisan a ensuite exigé 5 000 euros supplémentaires pour d'autres prestations. La famille de la dame, alertée par son frère, a fait opposition au chèque de 5 000 euros, ce qui a provoqué la colère de l'entrepreneur.
Une ambiance tendue et des pressions
Selon les éléments de l'enquête et un témoignage recueilli, Lorenzo G. serait revenu au domicile de la victime pour réclamer les 5 000 euros. Un témoin décrit une scène où l'artisan et son frère "tapaient sur la table", créant un climat d'intimidation. La dame, impressionnée, a finalement émis trois nouveaux chèques d'un montant total de 5 000 euros (2 500 euros, 1 250 euros et 1 250 euros).
Le vice-procureur Jean-Luc Vasserot a fermement dénoncé ces agissements lors de l'audience : "Vous ne voudriez pas qu'on fasse cela à votre grand-mère. C'est une dame de 87 ans, c'est de l'extorsion. Quand elle voit arriver trois hommes qui parlent fort, oui elle est impressionnée." Il a qualifié ces pratiques de "démarchage commercial agressif à bannir à l'égard des personnes âgées".
Un débat juridique sur la qualification des faits
L'audience du 6 mars 2026, présidée par Anne-Carine David, a été marquée par un débat sur la qualification juridique des faits. L'avocat de la défense, Me Hugo Ferri, a plaidé que les éléments constitutifs de l'abus de faiblesse n'étaient pas réunis, insistant sur l'existence d'une "relation de travail" et de prestations réellement effectuées.
Le prévenu a quant à lui nié toute violence ou pression, affirmant que son travail correspondait bien à une prestation. Il a même mentionné que la dame l'avait rappelé quelques mois plus tard pour un élagage d'arbre, ce que le procureur a nuancé en suggérant qu'elle avait probablement enregistré son numéro sous "petits travaux" sans se souvenir de son identité.
Un lourd passé judiciaire
Le tribunal a également pris en compte le passé judiciaire du prévenu. Lorenzo G. a déjà été condamné à deux reprises pour violences, dont une peine de deux ans de prison en 2022 pour des faits remontant à 2019. Lors de la procédure, il avait reconnu avoir "peut-être demandé 1 000 euros de trop" à l'octogénaire.
Verdict et condamnation
Après délibéré, le tribunal a retenu la qualification d'extorsion plutôt que d'abus de faiblesse. Lorenzo G. a été condamné à 180 jours-amende à 100 euros, soit une amende totale de 1 800 euros. En cas de non-paiement, cette peine se convertirait en 180 jours de prison.
Le parquet avait requis six mois de prison avec sursis probatoire de deux ans et une amende de 1 000 euros. La défense, qui plaidait la relaxe, a vu sa demande rejetée. Ce jugement souligne la vigilance nécessaire face aux pratiques commerciales abusives visant les personnes âgées vulnérables.



