L'arrestation de Lucien Raucoule en 1984 : la fin d'une cavale de cinq ans
Dans les archives judiciaires, le nom de Lucien Raucoule résonne comme celui d'un malfaiteur multirécidiviste. Condamné le 27 avril 1977 à dix années de réclusion par la cour d'assises de la Gironde, il était en cavale depuis décembre 1979, après avoir bénéficié d'une permission de Noël qu'il n'avait pas respectée. Son arrestation, survenue le 5 mars 1984 à Bordeaux par les gendarmes de Mérignac, a marqué la fin d'une fuite de près de cinq ans.
Un parcours criminel marqué par des délits répétés
Lucien Raucoule n'avait rien d'un caïd du milieu criminel, manquant à la fois d'envergure et de moyens. Cependant, ses multiples délits en ont fait une figure emblématique de la petite délinquance. Spécialisé dans les cambriolages, les vols de voitures et les agressions à main armée, il opérait souvent dans un style gagne petit, avec des butins modestes, généralement compris entre 1 000 et 2 000 francs.
Son manque de chance était notoire. Par exemple, le 5 janvier 1974, avec un complice, il attaqua une fourgonnette des P.T.T. à Saint-Trojan, en Charente-Maritime, pour découvrir que les sacs postaux étaient vides et que le conducteur avait oublié son portefeuille. Quelques jours plus tard, à Durance dans le Lot-et-Garonne, il dévalisa un bureau de poste, mais ne récolta que 1 746,50 francs. Dix jours après, de retour au même endroit, il fut confronté à un caissier récalcitrant qui refusa d'ouvrir le coffre, le forçant à repartir avec un simple billet de 100 francs volé dans une poche.
Des évasions rocambolesques et une condamnation sévère
Raucoule était également connu pour ses tentatives d'évasion spectaculaires. En décembre 1973, avec son ami Gilbert Hostein, il s'échappa de l'hôpital-prison de Pellegrin à Bordeaux en sciant les barreaux de leur cellule et en fuyant en pyjama, lors d'une cavale hivernale. Repris après plusieurs semaines, ils tentèrent de retourner à l'hôpital en avalant des objets comme des éponges et des cuillers, mais furent placés sous bonne garde.
Le 26 avril 1977, ils comparurent devant les assises de la Gironde. Malgré les arguments de leurs avocats, qui les comparaient aux Pieds Nickelés plutôt qu'à la bande à Bonnot, le verdict fut sans pitié : Hostein écopa de huit ans de réclusion, et Raucoule de dix ans. Les juges le considéraient comme dangereux, d'autant plus qu'à son arrestation, les gendarmes l'avaient empêché de saisir un pistolet dissimulé dans sa voiture.
La cavale et l'arrestation finale
Après sa condamnation, Raucoule fut interné au centre pénitentiaire de Poissy. En décembre 1979, il bénéficia d'une permission de Noël mais ne revint pas, entamant ainsi une longue cavale. Pendant cette période, il fut soupçonné de naviguer entre l'Allemagne et la Belgique, se reconvertissant dans le proxénétisme, tout en accumulant une douzaine de mandats d'arrêt pour de nouveaux cambriolages, vols et usage de fausses pièces d'identité.
Les gendarmes, alertés par ses passages réguliers à Bordeaux pour voir sa famille, tendirent un piège. Le 5 mars 1984, vers 19h30, la brigade de Mérignac, renforcée par celle de Bordeaux, le captura dans un garage du quartier Saint-Bruno, alors qu'il venait récupérer une voiture en réparation. Présenté au parquet le lendemain, il reprit le chemin de la prison, où sa peine fut considérablement prolongée en raison de ses multiples infractions.
Cette arrestation mit fin à une cavale qui avait duré cinq ans, illustrant la persévérance des forces de l'ordre face à un délinquant récidiviste. L'histoire de Lucien Raucoule reste un exemple frappant des défis posés par la petite criminalité et des efforts nécessaires pour maintenir l'ordre public.



