Le 11 juin 2026, vers 21 h 30, un jeune Montpelliérain de 22 ans a été victime d'un vol par arrachement de sa chaîne en or alors qu'il s'apprêtait à entrer dans sa résidence, près de l'avenue des Moulins, au nord-ouest de Montpellier. L'agresseur, agissant par-derrière, a pris la fuite à pied en compagnie d'un complice, tous deux vêtus d'un short et d'un tee-shirt, en direction de la station de tramway Château d'O.
Une interpellation tardive et des zones d'ombre
Alertées, les forces de l'ordre ont interpellé un suspect à 22 h 50 dans une rame de la ligne 1, à la station Malbosc. L'individu, un Algérien de 23 ans, correspondait à la description vestimentaire donnée par la victime. Cependant, son avocate a soulevé plusieurs contradictions lors de son procès le 15 juin devant le tribunal correctionnel de Montpellier.
« Comment expliquer qu'il soit resté plus d'une heure dans le secteur après avoir commis un vol ? », a-t-elle interrogé, ajoutant que la victime n'avait pas vu le visage de son agresseur et que le suspect portait un jean, non un short. De plus, lors de l'interpellation, Amine – le prénom donné par l'avocate – ne possédait aucun document d'identité.
Un profil aux multiples identités
L'enquête a révélé un cas pour le moins singulier : l'homme est connu en France sous six identités différentes, et en Allemagne, où il résidait auparavant, sous cinq autres. En ajoutant celle fournie aux policiers montpelliérains – un nom commençant par six consonnes –, cela porte à douze le nombre d'identités utilisées. Son casier judiciaire belge mentionne également trois condamnations pour vol.
Lors de son arrestation, il ne détenait pas le collier volé, mais les policiers ont trouvé sur lui du cannabis et des cachets de prégabaline. « Il est venu en France pour subir une opération à l'épaule, les médicaments l'aident à calmer la douleur », a plaidé son avocate. Amine, s'exprimant par interprète, a déclaré : « Je n'ai rien fait, j'étais en France depuis quelques jours et je me trouvais avec mon cousin qui venait de fermer son salon de coiffure en centre-ville. »
Un traumatisme persistant pour la victime
L'avocate du jeune homme agressé a souligné le traumatisme de son client : « Le collier, orné d'une pierre précieuse, était un bijou de famille irremplaçable. » Le procureur a pour sa part observé une recrudescence des vols par arrachement dans le secteur : « Les arrachages de colliers, nombreux il y a quelques années, avaient stoppé avant de reprendre sur ce secteur depuis quatre ou cinq mois. »
Le casier judiciaire d'Amine est vierge en France, mais il a cumulé « quatre délits », selon le parquet. Le procureur a requis 18 mois de prison dont 6 avec sursis, avec maintien en détention et interdiction du territoire français.
Une condamnation ferme
Le tribunal a finalement condamné Amine à 12 mois d'emprisonnement ferme, avec maintien en détention. Il est également interdit de territoire français pour une durée de dix ans. Son téléphone portable, dont il avait refusé de communiquer le code, a été confisqué. La constitution de partie civile de la victime a été reçue : l'agresseur devra lui verser 1 000 euros au titre du préjudice moral et 800 euros pour les frais d'avocat.
Cette affaire illustre la difficulté pour les enquêteurs à identifier des personnes usant de multiples identités, et la persistance du phénomène des vols par arrachement dans l'agglomération montpelliéraine.



