À l'Aéroport Montpellier Méditerranée, à Mauguio (Hérault), plus d'une centaine d'oiseaux — aigrettes, flamants roses, canards colverts, outardes canepetières — cohabitent avec les 70 départs quotidiens. Pour éviter les collisions, le Service de Prévention du Risque Animalier (SPRA) multiplie les opérations d'effarouchement, avec un budget annuel de 60 000 euros.
Un cadre naturel qui attire les oiseaux
« L'aéroport est situé sur un flux migratoire, les oiseaux viennent, nichent, chassent. C'est pour ça que l'on retrouve de nombreuses espèces sur la plateforme », explique Éric Nampon, responsable du SPRA. Autour des pistes, près de 300 hectares de prairies, bosquets et étangs offrent un habitat idéal. « Le cadre est idéal pour les oiseaux… Il faut donc les protéger mais aussi faire en sorte qu'ils ne nuisent pas au bon fonctionnement de l'aéroport », ajoute l'ancien officier du bataillon des marins pompiers de Marseille.
Des patrouilles dès l'aube et un arsenal sonore
Les agents du SPRA, une trentaine de personnes formées aux métiers de pompier d'aéroport, sillonnent les pistes. « On commence nos missions d'effarouchement une demi-heure avant le lever du soleil, puis on termine une demi-heure après le coucher du soleil », précise Florian Duron, agent en patrouille. Son équipement comprend deux pistolets d'alarme, une carabine, des cartouches crépitantes et détonantes, ainsi qu'un générateur de bruit avec plus d'une centaine de gazouillis. « Tous ces dispositifs permettent d'éloigner les volatiles des pistes et de réduire le risque de collision avec les appareils », ajoute-t-il. Environ 70 munitions sont tirées chaque jour, ce qui use rapidement les barillets et canons, remplacés chaque année (600 euros pièce, une dizaine en stock).
Des faucons en complément des systèmes pyrotechniques
Cédric Toubas, effaroucheur régional, utilise une méthode différente : « Moi pour effaroucher, j'utilise une autre technique, basée sur des faucons. J'élève une cinquantaine de faucons ! » Pour les missions aéroportuaires, il s'appuie sur des Buses de Harris, des rapaces sud-américains considérés comme des prédateurs mortels par les mouettes et goélands. « Je dirais que c'est avant tout complémentaire », nuance l'ornithophile, qui a fondé son entreprise il y a près de dix ans. « Il ne faut tout de même pas oublier que mes faucons sont des êtres vivants », ajoute-t-il, soulignant qu'ils sont remplacés et mis au repos après plusieurs heures d'effort.
Un bilan satisfaisant et un record de destinations
Le dernier accident aviaire sur la plateforme remonte à 2017, quand un Airbus a heurté un flamant rose. « On est satisfait du travail mais il ne faut pas se relâcher », lance Éric Nampon. La sécurité des pistes est primordiale pour attirer de nouvelles compagnies. L'aéroport n'a jamais desservi autant de destinations : une quarantaine, un record. La direction accorde un budget de 60 000 euros, et des formations sur les oiseaux et les techniques d'effarouchement sont proposées régulièrement aux agents.



