Antonio Ferrara, le « roi de la belle », jugé à Bruxelles pour un projet de braquage en Allemagne
Antonio Ferrara jugé à Bruxelles pour projet de braquage en Allemagne

Le procès d'Antonio Ferrara et de ses complices présumés s'ouvre à Bruxelles

Le braqueur français Antonio Ferrara, surnommé le « roi de la belle », est de retour ce lundi devant la justice belge. Il doit répondre, avec neuf complices présumés, d'un projet d'attaque à main armée visant un centre-fort en Allemagne. Ce projet criminel avait été déjoué en février 2025 grâce à une opération conjointe des autorités belges et françaises.

Un coup de filet à Eupen qui met fin au projet criminel

Le 27 février 2025, à l'aube, une opération de police est menée dans la ville belge d'Eupen, située non loin de la frontière allemande. Les malfaiteurs, qui avaient loué un logement sur place, sont interpellés. Selon les enquêteurs, ils s'apprêtaient à passer à l'action de manière imminente pour s'attaquer à un établissement bancaire à Bochum, en Allemagne. Ce centre-fort est un lieu où les banques entreposent des billets, des bijoux et autres valeurs.

La justice française enquêtait depuis l'automne 2024 sur cette association de malfaiteurs, qui impliquait plusieurs figures connues du grand banditisme. La coopération transfrontalière avec la Belgique a permis ce coup de filet décisif. Le procès s'ouvre ce lundi matin devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, avec des audiences programmées jusqu'au 29 avril. Le jugement sera ensuite mis en délibéré.

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Antonio Ferrara, un cerveau présumé qui conteste les charges

Antonio Ferrara, âgé de 52 ans, est considéré par l'accusation comme l'un des cerveaux de ce projet. Une équipe qualifiée de « chevronnée » et « déterminée » s'était constituée autour de lui. Ils devaient passer à l'acte avec des armes de guerre, des grenades et des explosifs. Cependant, Ferrara conteste fermement les charges qui pèsent contre lui.

Son avocat, Olivier Martins, avait déclaré à l'AFP début avril qu'« aucune arme n'a été retrouvée dans le véhicule où se trouvait Antonio Ferrara » au moment de son arrestation. L'avocat a également affirmé que l'enquête de téléphonie n'avait pas réussi à démontrer des liens solides entre son client et la bande qui se préparait à agir en Allemagne.

Un dossier chargé et des prévenus récidivistes

Né en octobre 1973 dans le sud de l'Italie et installé avec sa famille en région parisienne, Antonio Ferrara a acquis son surnom de « roi de la belle » après sa spectaculaire évasion de la prison de Fresnes en 2003. Il a été condamné en France pour des braquages, une tentative de meurtre et deux évasions. À Bruxelles, il est jugé aux côtés de neuf complices présumés, dont son frère Massimiliano Ferrara.

Parmi les prévenus figurent plusieurs récidivistes, déjà condamnés pour des faits similaires. On retrouve notamment Kader Doumbia, originaire de la région parisienne, et Abderahim Bekhti, un Belgo-marocain également connu de la justice française. La liste des infractions retenues est longue : détention d'explosifs, d'armes prohibées, vol aggravé, tentative de vol avec violences et menaces, participation à une organisation criminelle, etc.

L'un des prévenus, l'Algérien Yacine Bentouati, doit aussi répondre de tentative de meurtre pour avoir foncé sur une voiture de police en tentant de fuir. Un policier belge des unités spéciales avait été blessé lors de cet incident, conduisant l'État belge à se constituer partie civile.

Une procédure judiciaire complexe et des conditions de détention

Les prévenus comparaissent presque tous en liberté ou placés sous bracelet électronique. Antonio Ferrara a effectué environ huit mois de détention provisoire en Belgique avant d'être remis en liberté sous caution en novembre 2025. La France avait émis un mandat d'arrêt européen pour obtenir sa remise.

Sa dernière lourde condamnation à Paris remonte à octobre 2010, lorsqu'il avait écopé de 12 ans de prison – une peine réduite en appel – pour son évasion de Fresnes. Il avait finalement été libéré en juillet 2022. Ce nouveau procès à Bruxelles marque un nouveau chapitre judiciaire pour cette figure controversée du banditisme français.

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