À Antibes, une infraction peut en cacher une autre. Un jeune Antibois de 21 ans en a fait l’amère expérience le 11 avril dernier, à la suite d’un contrôle policier de sa voiture. Il ne se trouvait pas à bord, mais une sacoche contenant 2.650 euros en espèces y était. L’intéressé ne reverra pas cet argent, qui servira à régler ses amendes impayées et une contribution citoyenne.
Les faits : un contrôle routier qui tourne au désavantage du conducteur
Ce samedi-là, à Juan-les-Pins, un équipage de police secours sécurise les abords des discothèques du centre-ville. Les agents surprennent une Audi roulant à vive allure et la suivent quelques rues plus loin. Le contrôle révèle que le conducteur, un habitant de Vallauris âgé de 22 ans, est alcoolisé, a consommé du protoxyde d’azote et conduit sans permis. Il fera l’objet d’une ordonnance pénale devant le procureur de la République.
Le conducteur explique aux policiers que la voiture ne lui appartient pas, pas plus que l’une des deux sacoches retrouvées à bord. Cette sacoche appartient au propriétaire du véhicule, un Antibois de 21 ans, et contient 53 billets de 50 euros, soit 2.650 euros.
Une vérification fiscale qui scelle le sort de l’argent
Les policiers auditionnent le propriétaire de l’Audi. Ce dernier peut justifier l’origine des 2.650 euros : 1.500 euros proviennent d’un retrait d’espèces, le reste de la vente d’un iPhone 17. Mais les agents ne s’arrêtent pas là : ils contactent le fisc. « Il y a lieu de saluer la réactivité des policiers d’Antibes », salue le procureur de la République de Grasse, Eric Camous.
Depuis 2022, une convention de partenariat lie la direction départementale des finances publiques (DDFIP), le parquet, la police et la gendarmerie. Lorsqu’un suspect est placé en garde à vue ou en rétention judiciaire et qu’il détient plus de 300 euros sur lui, ces espèces peuvent servir à régler ses amendes impayées.
Une dette de 2.382 euros et une contribution citoyenne
L’Antibois avait accumulé une dette de 2.382 euros, fruit de huit infractions routières. L’administration fiscale a donc saisi cette somme pour éponger sa dette. Le reliquat, près de 300 euros, ne lui sera pas restitué non plus : il devra s’acquitter d’une contribution citoyenne, qui bénéficiera au budget de l’association d’aide aux victimes.
Cette affaire illustre l’efficacité du partenariat entre les forces de l’ordre et le fisc pour recouvrer les amendes impayées. Le jeune homme, qui pensait peut-être échapper à ses obligations, a vu son cash confisqué et affecté à ses dettes.



