Le scandale Andrew Mountbatten-Windsor : de la trahison à l'arrestation
Andrew Mountbatten-Windsor : l'arrestation qui secoue la monarchie

L'arrestation matinale d'un prince déchu

Le matin de ses soixante-six ans, Andrew Mountbatten-Windsor a été réveillé par les forces de l'ordre qui l'ont placé en garde à vue pour des interrogatoires concernant de possibles faits relevant de la haute trahison. Cette arrestation spectaculaire marque un nouveau point bas dans la descente aux enfers du fils cadet de la reine Elizabeth II, dont deux domiciles ont été perquisitionnés avant qu'il ne soit relâché après plusieurs heures d'audition.

Une réputation entachée depuis des décennies

Depuis plus de vingt ans, Andrew Mountbatten-Windsor incarne le héros décevant de la famille royale britannique. Chacune de ses initiatives a plongé les siens dans l'embarras, transformant progressivement le mouton noir en paria absolu. Déjà démis de ses fonctions et de ses titres depuis 2011, vilipendé et moqué par l'opinion publique, personne n'aurait pourtant imaginé que l'ancien duc d'York se retrouverait un jour interrogé pour des faits aussi graves que la haute trahison.

Contraint de déménager sur injonction du roi Charles III, il avait quitté le mois dernier l'opulence du Royal Lodge, avec ses trente pièces dans le parc royal de Windsor, pour un cottage plus modeste à Wood Farm. Ce déménagement forcé devait symboliser la punition infligée à celui que l'on surnommait autrefois « Air Miles Andy » pour ses fréquents déplacements en avion privé aux frais du contribuable.

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Les révélations accablantes des documents américains

Les documents divulgués le 30 janvier par le département de la Justice des États-Unis révèlent des égarements troublants durant la période où Andrew Mountbatten-Windsor servait comme envoyé spécial commercial de la couronne entre 2001 et 2011. Alors « VRP d'Albion », chargé de promouvoir les produits britanniques à l'étranger, sa mission dépassait largement le cadre de la simple promotion commerciale.

Le spécialiste des royaux Marc Roche notait que cet homme, dont personne ne doutait de la bonne volonté apparente, « savait encourager les exportations de missiles, les installations à l'étranger de supermarchés ou d'institutions de la City ». Son bilan s'est révélé catastrophique, tant sur le plan commercial que diplomatique.

Des liens troubles avec des régimes autoritaires

Les investigations ont mis en lumière des relations particulièrement problématiques avec des personnalités peu recommandables. Surnommé « Son Altesse le Bouffon » au sein du ministère des Affaires étrangères britannique, Andrew Mountbatten-Windsor a tissé des liens avec le fils du colonel Kadhafi et avec Mohamed Sakhr el Materi, gendre milliardaire de l'ex-dictateur tunisien Ben Ali, condamné en 2012 à seize ans de prison.

Une lettre de 2011 adressée à Downing Street par l'ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Tunisie témoigne de la panique qui régnait au sein des autorités britanniques lorsqu'elles ont appris que le duc avait reçu Materi à déjeuner au palais de Buckingham. L'ambassadeur décrivait Materi comme « le pire de tous les escrocs de la famille présidentielle ».

Le prince a également cultivé des relations avec l'autocrate kazakh Noursoultan Nazarbaïev au sein de la « British-Kazakh Society ». Le gendre de ce dernier a curieusement déboursé en 2007 trois millions de livres de plus que les douze millions demandés pour acquérir Sunninghill Park, immense propriété offerte à Andrew par sa mère en cadeau de mariage.

La relation fatale avec Jeffrey Epstein

Le point de non-retour dans la déchéance d'Andrew Mountbatten-Windsor reste sa relation avec Jeffrey Epstein, le financier américain condamné en 2008 pour sollicitation d'une prostituée mineure. Les deux hommes se fréquentaient depuis une dizaine d'années, après avoir été mis en relation par Ghislaine Maxwell.

La publication fin 2010 d'une photo montrant le prince en promenade à Central Park avec Epstein a déclenché une série de révélations dévastatrices. Virginia Roberts Giuffre, ancienne assistante masseuse, a alors décidé de parler publiquement, affirmant avoir été victime d'un vaste trafic sexuel orchestré par Epstein avec la complicité de Ghislaine Maxwell.

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La biographe Tina Brown, ancienne directrice de la rédaction de Vanity Fair, analyse sur son blog : « Les dossiers Epstein révèlent qu'Andrew n'était pas simplement un idiot utile à Epstein dans son ascension économique ; il était quasiment un agent infiltré d'Epstein, avec la complicité d'un conseiller du palais. »

La protection maternelle et la chute finale

Malgré les accusations, Andrew Mountbatten-Windsor a longtemps bénéficié de la protection de sa mère, la reine Elizabeth II, qui l'a toujours considéré comme son fils préféré. En 2011, alors qu'il présentait sa démission de ses fonctions de représentation, la reine lui a conféré la plus haute distinction possible en le faisant chevalier grand-croix de l'ordre royal de Victoria.

Mais cette protection royale n'a pu empêcher l'accumulation des preuves compromettantes. Les échanges de mails révélés montrent qu'Andrew transmettait régulièrement à Epstein des rapports officiels de ses visites à l'étranger, parfois seulement cinq minutes après les avoir reçus. En décembre 2010, trois semaines après un séjour chez Epstein à New York, il lui a transmis une note confidentielle sur l'or et les opportunités d'investissement dans la province d'Helmand, en Afghanistan.

Sarah Ferguson également impliquée

L'ex-épouse d'Andrew, Sarah Ferguson, apparaît également compromise dans le scandale. Les documents du département de la Justice américain contiennent des échanges de mails consternants entre elle et Jeffrey Epstein, montrant une proximité troublante avec le pédocriminel. Elle n'a pas hésité à encaisser son argent et a même évoqué, sur le ton de la plaisanterie, la possibilité de l'épouser.

Contactée avant l'arrestation de son ex-mari, Sarah Ferguson a déclaré qu'elle n'était pas en mesure de s'exprimer pour le moment, tout en souhaitant que « le monde fasse preuve de davantage de gentillesse ».

Les conséquences institutionnelles

Le gouvernement britannique envisage désormais d'examiner une loi pour retirer l'ex-prince Andrew de l'ordre de succession au trône, où il se trouve en huitième position. Cette mesure radicale viserait à couper les branches mortes pour sauver ce qui reste d'une monarchie vacillante, profondément ébranlée par ce scandale sans précédent.

Charles III, qui n'a jamais entretenu de relations étroites avec ce frère cadet si dissemblable, a clairement indiqué qu'il laisserait la justice suivre son cours. Le roi use d'une méthode plus douce que celle de Michael Corleone dans Le Parrain, mais tout aussi déterminée à protéger l'institution monarchique des agissements de celui qui rappelle tant le personnage de Fredo Corleone : fils envieux, faible, dorloté par sa mère, transformant tout ce qu'il touche en plomb et trahissant le clan sans même s'en rendre compte.