Alès : le stratagème criminel d'un suspect pour se dédouaner après deux fusillades
L'étau se resserre autour d'un suspect marseillais considéré comme le principal instigateur de deux fusillades survenues à quelques jours d'intervalle à Alès en octobre dernier. Ces événements violents, sur fond de trafic de produits stupéfiants, ont conduit à une tentative d'homicide et à la mort d'un jeune homme de 22 ans, fils d'une avocate nîmoise.
Une opération policière qui éclaire l'enquête
Depuis le coup de filet réalisé par la police judiciaire le 3 février dernier, les magistrats en charge du dossier commencent à avoir une vue globale des faits. Plusieurs suspects ont été interpellés dans le Gard et à Marseille, puis placés en garde à vue. Ils ont été interrogés sur les tirs qui se sont produits à Alès, permettant aux enquêteurs d'esquisser le probable scénario de cet enchaînement criminel.
Le point de départ : des comptes qui ne correspondent pas
Selon les informations recueillies, une femme de 24 ans, désignée comme la gérante d'un point de deal en lien avec un important réseau criminel, employait deux jeunes d'une vingtaine d'années chargés de tenir la sacoche. L'un était d'Alès, l'autre de Marseille. Leur travail consistait à récolter et garder l'argent issu des transactions de drogue.
Lors de vérifications, la présumée cheffe du point de deal a constaté que les comptes ne correspondaient pas à la marchandise écoulée. Il manquait de l'argent, et les soupçons se sont portés sur les deux "sacocheurs". Elle devait en référer à sa hiérarchie, ce qui a mis les deux adjoints dans une situation intenable.
La première fusillade : une tentative d'élimination
Comprenant que l'étau se resserrait autour d'eux, les deux adjoints auraient mis au point un stratagème pour se débarrasser de leur chef jugée trop curieuse. Dans la nuit du 25 au 26 octobre, alors qu'elle venait d'être déposée en voiture dans le quartier de Tamaris, la jeune femme a été victime de plusieurs tirs. Touchée de trois balles de 7,65 mm, grièvement blessée, elle a été transportée à l'hôpital d'Alès puis au centre hospitalier Carémeau à Nîmes, son pronostic vital étant engagé. Malgré de sérieuses blessures, elle a survécu.
Selon des sources concordantes, le jeune de Marseille serait considéré comme le principal suspect de cette tentative de meurtre. L'homme aurait compris que l'argent disparu puis les tirs sur la femme allaient le désigner comme le renégat auprès de l'organisation.
La seconde fusillade : un meurtre pour détourner les soupçons
S'enfonçant toujours plus dans une dérive criminelle, il a échafaudé un nouveau plan pour désigner un autre responsable que lui : l'Alésien. En se débarrassant de lui, il pourrait lui faire porter le chapeau et détourner les suspicions qui pesaient sur lui, voire se valoriser auprès des responsables en étant celui qui a démasqué la brebis galeuse.
Dans la nuit du 30 au 31 octobre, une nouvelle fusillade a éclaté sur le parking de Quick, un fast-food situé sur la rocade d'Alès. "La victime a reçu une demande de localisation GPS, sans doute de l'une de ses connaissances, et un quart d'heure après il est tué de trois balles de 11,43 dans la tête. Le tireur a pu approcher sans que l'autre ne se méfie", détaille une source judiciaire.
L'enquête se poursuit
L'étau se resserre autour du suspect marseillais, qui apparaît également dans d'autres procédures criminelles dans les Bouches-du-Rhône. Les enquêtes se poursuivent sous l'autorité de juges d'instruction pour ces deux affaires, qui pourraient à terme ne constituer qu'un seul dossier. Les vérifications et recoupements effectués par les enquêteurs continuent de faire la lumière sur ce double drame qui a secoué la région d'Alès.



