Un commerçant d'Alès condamné pour injures et exhibition après une altercation avec la police
Alès : commerçant condamné pour exhibition et injures envers la police

Un commerçant d'Alès condamné pour injures et exhibition après une altercation avec la police

Ce mardi 17 mars 2026, le tribunal d'Alès a rendu son verdict dans une affaire mettant en cause un commerçant local pour des faits d'injures, de menaces et d'exhibition sexuelle envers des fonctionnaires de police. L'audience, présidée par Hélène Biville, a examiné les circonstances d'une interpellation particulièrement tendue survenue en décembre 2025.

Une intervention policière qui dégénère

L'affaire trouve son origine dans un accident de circulation survenu au rond-point de l'Hyper U à Alès. Le fils du prévenu, en état d'ébriété avancé, avait perdu le contrôle de sa Subaru et heurté un autre véhicule. Après avoir appelé son père à l'aide, ce dernier est arrivé sur les lieux, lui-même sous l'emprise de l'alcool avec un taux de 0,83 mg par litre d'air expiré.

Les policiers présents ont rapidement procédé à son contrôle, déclenchant une escalade verbale. "Espèce de connards, laissez-moi fumer. Vous aussi vous buvez, tout le monde le sait", aurait lancé le quinquagénaire aux agents selon le procès-verbal. La présidente du tribunal a qualifié l'intervention de "musclée", notant que la situation s'était encore détériorée au commissariat.

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Des faits graves au commissariat

Au cours de son transfert au commissariat, l'homme est tombé dans les escaliers, affirmant avoir été poussé par un policier. Mais c'est surtout son comportement une fois sur place qui a retenu l'attention de la justice. Selon les éléments du dossier, le prévenu a exhibé ses parties intimes devant une fonctionnaire de police en déclarant : "alors, on fait une fouille à corps ?"

La découverte d'un couteau sur sa personne a complété le tableau des infractions. L'homme s'est défendu en expliquant qu'en "bon Cévenol", il l'utilisait pour couper du saucisson et ouvrir des huîtres, affirmant ignorer l'interdiction du port d'arme sans motif légitime.

Un procès marqué par des souvenirs parcellaires

Face au tribunal, le commerçant a montré des difficultés à se souvenir précisément des événements. "Je ne pense pas avoir menacé… Mes paroles ont dépassé ma pensée", a-t-il concédé, reconnaissant toutefois avoir "dévissé" en voyant son fils menotté.

Les trois policiers concernés, absents à l'audience, se sont constitués partie civile par l'intermédiaire de leur avocate, Me Carole Castelbou-Dourlens. Celle-ci a dénoncé un comportement inacceptable et l'absence d'excuses de la part du prévenu. "Il voit son son fils menotté, il voit rouge et il pète les plombs", a-t-elle analysé, tout en regrettant la "mémoire sélective" de l'accusé.

Le réquisitoire du procureur

Abdelkrim Grini, procureur de la République d'Alès, a replacé l'affaire dans un contexte plus large. "Ce sont des dossiers que le tribunal voit tous les jours : des policiers pris pour cible alors qu'ils ne font que leur travail", a-t-il souligné. Concernant les faits d'exhibition, il a ajouté : "Ce n'est pas très gentleman d'exhiber son sexe devant une fonctionnaire de police".

Le magistrat a requis huit mois de prison avec sursis, six mois de suspension de permis de conduire et 500 euros d'amende, tout en réclamant 850 euros de dommages et intérêts par policier.

La défense plaide l'émotion et le casier vierge

Me Martin Faure, avocat de la défense, a présenté son client comme un homme "sans histoire" au casier judiciaire vierge, décrit comme "réservé" et profondément affecté par la situation. "Il a eu peur pour son fils, il a perdu ses moyens", a-t-il plaidé, évoquant des regrets bien réels mais difficiles à exprimer à l'audience.

L'avocat a contesté la sévérité des peines demandées, notamment la suspension du permis, en soulignant les contraintes personnelles du prévenu qui doit aider un proche malade.

Le verdict du tribunal

Après délibération, le tribunal a prononcé une peine légèrement inférieure aux réquisitions :

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  • Six mois d'emprisonnement avec sursis
  • Quatre mois de suspension du permis de conduire
  • 750 euros d'amende

La constitution de partie civile a été validée, avec 500 euros accordés à chacun des trois policiers plaignants. Ce verdict met fin à une affaire qui illustre les tensions pouvant survenir lors d'interventions policières et les conséquences judiciaires des comportements excessifs envers les forces de l'ordre.