Une photo controversée déclenche une tempête médiatique
Alice Cordier, présidente du collectif fémonationaliste Némésis, se retrouve au centre d'une violente polémique après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une photographie la montrant en compagnie d'une autre personne, toutes deux effectuant un geste formant la lettre "S" avec les mains. Ce signe est largement reconnu comme une référence à l'imagerie néonazie, symbolisant les "SS" de la Schutzstaffel, l'une des principales organisations du régime hitlérien.
Une publication chargée de symboles extrémistes
La photographie, publiée le 5 mars dernier par un compte nommé Kennet Ukraine, était accompagnée de la légende suivante : « Alice Cordier du collectif Némésis, à l'ancienne, de Bretagne à Lyon, SS partout. » L'image montrait également un homme effectuant le même geste, couronné d'un soleil noir, autre symbole emblématique du Troisième Reich créé par les SS Heinrich Himmler et Karl Maria Wiligut pour le château de Wewelsburg.
Le journaliste spécialiste de l'extrême droite Ricardo Parreira a identifié l'auteur de cette publication comme étant Gwendal D., un militant néonazi français parti combattre en Ukraine au sein du bataillon "Revanche", une formation liée à un parti ultranationaliste ukrainien. Gwendal D. expose régulièrement sur les réseaux sociaux ses tatouages de croix gammées et autres symboles néonazis, bien qu'il ait nié être derrière le compte Kennet Ukraine et ait menacé Ricardo Parreira de poursuites judiciaires.
La défense d'Alice Cordier : "police des doigts" et références culturelles
Face à ces accusations graves, Alice Cordier a vivement réagi sur ses propres réseaux sociaux, dénonçant ce qu'elle qualifie de "police des doigts". Elle s'est défendue de toute référence au régime nazi en affirmant : « Comme mes joues en attestent, je suis un bébé, dans un bar de surfers et un inconnu me montre le geste d'un groupe de rap. Merci au revoir. »
Plus tard, elle a précisé qu'il s'agissait du groupe L'Uzine, mais cette explication a été rapidement contredite par le groupe lui-même. L'Uzine a publiquement appelé la militante d'extrême droite à aller se « trouver une autre excuse », affirmant être « antiraciste depuis la première heure » et rejetant toute association avec son geste.
Des comparaisons problématiques et des incohérences temporelles
La communication d'Alice Cordier a rencontré d'autres difficultés lorsqu'elle a tenté de comparer son geste avec celui que fait la joueuse de football Louna Lapassouse pour célébrer ses buts. Le Toulouse FC a immédiatement réagi en précisant : « Ce geste, qu'elle réalise depuis de nombreuses années, représente simplement ses initiales. Les interprétations malveillantes qui circulent sont mensongères et relèvent d'une polémique indigne. »
Autre problème soulevé par le média Check News : alors qu'Alice Cordier insiste sur ses « joues de bébé » pour attester de son jeune âge au moment de la photo, la soirée pendant laquelle ce cliché a été pris remonte à 2022, année où la militante avait déjà 24 ans.
Contexte d'une polémique récurrente
Cette nouvelle affaire intervient alors qu'Alice Cordier sort à peine d'une précédente polémique liée à la mort de Quentin Deranque. La présidente de Némésis avait dû s'expliquer sur des messages révélés par L'Humanité dans lesquels des membres de son collectif proposaient de servir d'appâts pour attirer des militants d'extrême gauche dans un guet-apens.
Suite à ces révélations, plusieurs députés ont demandé la dissolution du collectif Némésis, tandis que l'organisation a dénoncé une « opération d'intoxication par contrefeu » et annoncé son intention de déposer plainte pour diffamation. Cette accumulation de controverses place Alice Cordier et son collectif sous une lumière particulièrement critique, alors que les accusations de liens avec des milieux néonazis continuent de s'accumuler.



