La garde à vue du journaliste et militant des droits de l'homme Ali Lmrabet a été prolongée de 24 heures mercredi 14 juillet au Maroc, a annoncé son avocat à l'Agence France-Presse. Âgé de 60 ans, il est accusé d'outrage à agent et de troubles à l'ordre public après une altercation avec la police, selon la même source.
Les circonstances de l'interpellation
Ali Lmrabet a été interpellé mardi 13 juillet à son domicile de Rabat. Selon son avocat, Me Mohamed Aswab, les policiers ont procédé à son arrestation sans mandat et l'ont emmené au commissariat central de la capitale. Le journaliste aurait été victime de violences lors de son arrestation, ce que les autorités démentent.
L'altercation aurait éclaté lorsque Lmrabet a refusé de se soumettre à un contrôle d'identité. Le journaliste, connu pour ses positions critiques envers le gouvernement, aurait alors insulté les agents, selon la version policière. Son avocat conteste cette version et affirme que son client a été provoqué.
Un parcours de militant
Ali Lmrabet est une figure connue de la liberté de la presse au Maroc. Ancien correspondant de l'Agence France-Presse, il a été condamné à plusieurs reprises pour ses écrits. En 2003, il avait été emprisonné pour avoir publié des articles jugés offensants envers le roi. Depuis, il continue de militer pour les droits de l'homme via son site d'information, Demain Online.
En 2020, il avait déjà été arrêté pour des publications jugées subversives, mais avait été relâché après quelques heures. Cette nouvelle interpellation survient dans un contexte de durcissement des autorités envers les voix critiques, selon des organisations de défense des droits de l'homme.
Réactions et implications
L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé une « nouvelle escalade contre la liberté de la presse au Maroc ». Dans un communiqué, RSF appelle à la libération immédiate de Lmrabet et rappelle que le Maroc se classe 130e sur 180 dans son classement de la liberté de la presse en 2025.
Le gouvernement marocain n'a pas commenté cette affaire. Cependant, des sources judiciaires indiquent que Lmrabet pourrait être déféré devant le parquet jeudi 15 juillet. Son avocat a annoncé qu'il allait déposer une plainte pour arrestation arbitraire et violences policières.



