Agnès Ponchon raconte son enfance sous l'Occupation à Tavel
Agnès Ponchon : enfance sous l'Occupation à Tavel

Un témoignage poignant pour les commémorations

Vendredi 8 mai, à la salle des fêtes de Tavel, la projection du documentaire Souvenirs d’occupation, réalisé par Véronique Maby, a rassemblé un public nombreux. Organisée par Pascale de Chaunac, présidente de l’association de protection du patrimoine Tavellis, la soirée s’inscrivait en marge des commémorations. Trois Tavelloises, Roselyne Amido, Agnès Ponchon et Anne-Marie Delorme, étaient présentes pour échanger avec les enfants de l’école élémentaire.

L’arrivée à Tavel en 1943

Agnès Ponchon, âgée de 7 ans en septembre 1943, a raconté son arrivée à Tavel après avoir fui les bombardements de Marseille, sa ville natale. Accompagnée de son petit frère et de sa tante, elle découvre un village préservé de la guerre. “Les gens avaient à manger, ils avaient des jardins, des poules, des lapins… Nous, on avait juste nos tickets de rationnement. Mais on s’en sortait…”, se souvient-elle.

Sa mère, veuve d’un gendarme depuis 1941, travaillait dans une savonnerie à Marseille et ne les a jamais rejoints. “On n’avait pas de jardin. Mais quand ma mère venait nous voir, elle troquait des savons contre des légumes…” explique Agnès.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L’injustice vécue par les réfugiés

À l’école, la petite Marseillaise était placée au fond de la classe. “On nous appelait les réfugiés”, sourit-elle, évoquant l’apprentissage de l’injustice. “J’en voyais qui mangeaient du chocolat et des oranges. Moi, je n’en avais jamais vu.”

Après la projection, Roselyne Amido a également répondu aux questions du public. Aujourd’hui âgée de 90 ans, Agnès Ponchon a ému l’auditoire par sa voix douce, sa pudeur et son sourire, dans un moment fort de transmission et de mémoire partagée.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale