Affaire Narumi : la justice requiert 30 ans de prison contre Nicolas Zepeda en appel
Lors de son troisième procès, trente ans de réclusion criminelle ont été requis mercredi contre le Chilien Nicolas Zepeda, accusé du meurtre de son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki à Besançon en 2016. Ce verdict intervient après une longue procédure judiciaire, marquée par l'annulation d'une précédente condamnation par la Cour de cassation en 2025 pour vice de procédure.
Un crime sans corps retrouvé
Narumi Kurosaki, une étudiante japonaise fraîchement arrivée en France pour apprendre le français, a été vue vivante pour la dernière fois le 4 décembre 2016 en regagnant sa résidence universitaire. Son corps n'a jamais été retrouvé, ce qui complique singulièrement l'enquête. Selon l'avocat général Vincent Auger, Zepeda aurait assassiné la jeune femme dans sa chambre avant d'immerger son corps dans une rivière, ne supportant pas qu'elle l'ait quitté pour un nouvel amoureux.
Les aveux partiels et les indices accablants
Nicolas Zepeda, extradé du Chili en 2020 et en détention depuis, a toujours clamé son innocence, affirmant : "Je ne l'ai pas tuée, je l'aimais profondément". Cependant, confronté à des preuves accablantes, il a reconnu avoir menti à de nombreuses reprises au cours des dix dernières années. Les bornages de son téléphone et du GPS de sa voiture de location, ainsi que des témoignages d'étudiants, démontrent qu'il a épié Narumi pendant quatre jours avant le drame.
Zepeda a initialement prétendu que leur rencontre le 4 décembre était fortuite et qu'ils avaient eu des relations sexuelles après un dîner. Concernant les hurlements entendus par des voisins cette nuit-là, il a assuré que Narumi était "expressive dans ses gémissements". Pourtant, les enquêteurs estiment qu'il l'a étranglée ou étouffée, puis a enterré ou immergé son corps dans un sous-bois près d'une rivière, lieu où son GPS a confirmé sa présence.
Un parcours judiciaire tumultueux
Condamné à 28 ans de prison en 2022, puis à la même peine en appel en 2023, Nicolas Zepeda a bénéficié en 2025 d'une annulation rare de son verdict par la Cour de cassation. Cette décision a conduit à l'ouverture de ce troisième procès, qualifié d'hors normes en raison de l'absence de cadavre et d'aveux complets. L'affaire souligne les défis des procès pour féminicides sans preuves matérielles directes.
Le verdict final est attendu prochainement, mettant un terme à une saga judiciaire qui a captivé l'attention publique et médiatique depuis près d'une décennie.



