Un acte de violence sidère le collège Beauregard de La Rochelle
Ce qui ressemble à un acte impulsif a profondément choqué les équipes éducatives et les élèves du collège Beauregard, situé à La Rochelle. Ce mercredi 4 mars, alors que les futurs bacheliers célébraient joyeusement le Père Cent dans les rues de la ville, un événement dramatique se déroulait dans cet établissement scolaire du quartier habituellement paisible de Beauregard.
Une agression en plein cours de physique-chimie
Dans le collège du même nom, lors d'un cours de physique-chimie dispensé à une classe de quatrième, un élève âgé de 13 ans a poignardé un camarade avec un Opinel, aux alentours de 9h30. L'adolescent a donné deux coups de couteau, touchant sa victime à l'épaule et au ventre. Grièvement blessé mais sans que son pronostic vital ne soit engagé, le jeune a été immédiatement hospitalisé à La Rochelle.
L'enseignante présente s'est immédiatement interposée et a séparé les deux élèves. Aussitôt, le protocole de mise en sécurité a été appliqué. Les collégiens ont été confinés dans leur salle de classe le temps de l'intervention des forces de l'ordre.
Une enquête pour tentative de meurtre ouverte
Confiée à la Direction de la criminalité territoriale, une enquête pour tentative de meurtre a été ouverte. L'agresseur présumé, qui n'a pas d'antécédent judiciaire selon le procureur de la République de La Rochelle, Arnaud Laraize, a été placé en garde à vue.
David, élève en classe de quatrième qui se trouvait à l'extérieur de l'établissement au moment des faits, témoigne : « Le surveillant nous a dit qu'il n'y aurait pas de récré. On a vu des voitures de police arriver. Les pompiers ont emmené un élève en sang, et on a vu un autre camarade sortir menotté. » L'adolescent connaissait vaguement le mis en cause, décrivant un élève « un peu bizarre, qui cherchait souvent la bagarre ».
Une cellule psychologique déployée
Une cellule d'urgence médico-psychologique (CUMP) a été déployée au sein du collège, « pour les élèves de la classe, le personnel, les parents et les autres enfants », a détaillé Frédéric Périssat, recteur de l'académie de Poitiers, dépêché sur place. Le maire de La Rochelle, Thibaut Guiraud, est lui aussi allé à la rencontre des équipes éducatives.
Si les motivations de ce geste restent à confirmer, l'édile s'interroge : « Un enfant radicalisé ? Ça ressemble vraiment à une décompensation. »
Ironie du sort sécuritaire
Ironie du sort, une opération de sécurisation avec fouilles des sacs avait eu lieu le 5 février à l'entrée du collège. « À notre niveau, de l'Éducation nationale, il n'y a pas eu d'élément avant-coureur », a réagi le recteur. « Beauregard est un établissement plutôt apaisé. Cela a créé beaucoup de surprise et de sidération de la part des équipes, dont je tiens à saluer le sang-froid. »
Camille, présente en salle d'étude lors de l'incident, raconte : « On a cru que c'était un exercice mais la CPE [conseillère principale d'éducation] est venue nous dire que ce n'en était pas un. Un peu plus tard, on nous a expliqué qu'un élève avait attaqué une personne. »
Reprise des cours et continuité pédagogique
Les cours ont repris normalement ce jeudi 5 mars. « Ce qui est important dans ces moments-là, c'est d'assurer la continuité pédagogique, de pouvoir expliquer », a souligné le recteur. « C'est ce qui se fera jeudi matin dans les classes pour permettre aux élèves de s'exprimer, de poser des questions. »
Cet événement tragique, survenu dans un établissement réputé calme, soulève de nombreuses questions sur la prévention de la violence en milieu scolaire et le soutien psychologique aux adolescents en difficulté.



