Accident de Raffarin : voiture de fonction, gyrophare et questions
Accident de Raffarin : voiture, gyrophare et questions

Le 11 juin 2026, Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, a été impliqué dans un accident de la route à Paris. Son chauffeur, au volant d'une berline noire de fonction avec gyrophare allumé et sirène hurlante, a grillé un feu rouge dans le 8e arrondissement et percuté un scooter. Le conducteur du deux-roues, Victor, a été gravement blessé, notamment aux testicules. L'information, révélée par Mediapart, a conduit à l'ouverture d'une enquête pour blessures involontaires par conducteur par le parquet de Paris.

Une voiture de fonction pour une mission sur la Chine

Depuis le 1er janvier 2026, les avantages des anciens ministres sont limités à dix ans après la fin de leurs fonctions. Pourtant, Raffarin, âgé de 77 ans, bénéficie toujours d'une voiture avec chauffeur. Selon Mediapart, il a obtenu d'Emmanuel Macron une mission internationale sur les relations économiques entre la France et la Chine, ce qui lui a valu l'attribution d'un véhicule par le ministère des Affaires étrangères. En 2025, ses avantages d'ancien Premier ministre ont coûté 158 208 euros au contribuable. Le Quai d'Orsay n'a pas précisé si Raffarin est rémunéré pour cette mission.

Au moment de l'accident, Raffarin a déclaré être sur un "trajet aéroport" depuis Roissy dans le cadre de sa mission officielle. Cependant, il revenait d'un déplacement au Canada pour une conférence sur l'industrie québécoise, sans lien apparent avec la Chine. Après avoir été interrogé par Mediapart, il a ajouté le mot "Chine" dans la description d'une photo de l'événement republiée sur X.

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Un gyrophare et une sirène activés à sa demande

L'utilisation du gyrophare et de la sirène suscite également des interrogations. Une note du Quai d'Orsay, consultée par Mediapart, indique qu'ils ont été activés suite à "une demande de Jean-Pierre Raffarin à son chauffeur". Cette pratique est pourtant strictement interdite, comme le rappelle une note de service de la directrice de cabinet du ministre Jean-Noël Barrot. Raffarin justifie cette demande par une "urgence" à se rendre dans les locaux de sa fondation. Toutefois, selon Mediapart, seul un déjeuner au Club des Cent, une confrérie masculine très sélecte, était inscrit à son agenda ce jour-là. Raffarin nie avoir déjeuné sur place.

Une indifférence pour la victime

Plusieurs témoins rapportent que Raffarin ne s'est pas intéressé à la victime après l'accident. À l'arrivée de la police, il est sorti du véhicule et est parti discrètement à pied vers le parc Monceau, téléphone à l'oreille. La victime a déclaré à Mediapart : "Ils ne m'ont pas aidé, ne m'ont pas parlé et n'ont pas pris de mes nouvelles. Ils n'ont pas pris une seconde pour moi." Raffarin affirme s'être rendu à l'hôpital Bichat où le blessé a été transféré et avoir pris de ses nouvelles jusqu'à sa sortie, mais la victime dément. Il a laissé une lettre à l'hôpital dans laquelle il incrimine le chauffeur, sans mentionner sa propre présence à l'arrière du véhicule.

Enquête ouverte pour blessures involontaires

L'avocat de Victor, Me Matteo Bonaglia, a déposé plainte pour solliciter des actes d'enquête et éviter la disparition des preuves. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour blessures involontaires par conducteur. Deux versions s'opposent : Raffarin déclare que le conducteur a ralenti et actionné l'avertisseur en raison d'une visibilité insuffisante à un carrefour. La victime affirme être passée au vert et avoir été percutée par la voiture arrivant par la droite, ce qu'un témoin confirme. Le chauffeur, âgé de 53 ans, a reconnu avoir utilisé la sirène et évoqué la présence d'un camion limitant la visibilité. Pendant l'enquête, Raffarin s'est vu attribuer une nouvelle voiture de fonction.

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