Un sauvetage massif dans le Var
Des chiots enfermés dans des cages exiguës, une chèvre au pelage abîmé et terne, des pigeons entassés dans une voilière délabrée et insalubre… Ce sont les conditions sordides dans lesquelles plus de 800 animaux ont été découverts lors d'une vaste opération de démantèlement d'un élevage clandestin dans le département du Var. La gendarmerie a rendu public un communiqué détaillant cette intervention d'envergure, mettant en lumière des pratiques cruelles et illégales.
Un couple spécialisé dans l'élevage de chiens de race
Le couple mis en cause, installé sur la commune de Flassans-sur-Issole, à une quinzaine de kilomètres de Brignoles, était spécialisé dans l'élevage d'animaux de compagnie, avec une focalisation particulière sur les chiens de race border collie. Leur exploitation, dissimulée au cœur de la forêt, avait été signalée à plusieurs reprises par des vétérinaires alertés, des acquéreurs mécontents et des associations de protection des animaux. Ces signalements faisaient notamment état de problèmes comportementaux graves chez les animaux, symptômes de mauvais traitements.
Les enquêteurs ont découvert que ces animaux étaient commercialisés en ligne via la plateforme bien connue Leboncoin. Sur une période s'étendant de 2020 à 2026, les éleveurs auraient engrangé plus de 200 000 euros de revenus non déclarés grâce à ce trafic illicite, selon les estimations des forces de l'ordre.
Des conditions de vie indignes et insalubres
Dès le mois de février, une première inspection avait révélé l'ampleur des négligences et des souffrances infligées aux animaux. Les rapports décrivaient une alimentation notoirement insuffisante, des installations totalement insalubres et encombrées, remplies d'excréments, et dépourvues de lumière naturelle et de ventilation adéquate. Ces éléments sont caractéristiques de l'infraction de sévices graves ou actes de cruauté envers des animaux domestiques, a précisé le communiqué officiel. Les animaux, y compris des lapins, étaient confinés dans des cages sales et dégradées, témoignant d'un mépris total pour leur bien-être.
Une opération de sauvetage coordonnée
Jeudi matin, une opération conjointe a été lancée par la gendarmerie du Luc-en-Provence, la Direction Départementale de Protection des Populations (DDPP) et la Société Protectrice des Animaux (SPA). Leur mission : mettre à l'abri ces centaines d'animaux en détresse. Au total, ce sont 823 êtres vivants qui ont été secourus, comprenant 237 chiens, 268 lapins, 267 pigeons, 5 chèvres, 2 cochons, 9 pintades, 12 poules et coqs, ainsi que 19 perruches. Ils ont été répartis et confiés à différentes associations de protection animale un peu partout en France, selon les indications de la gendarmerie, afin de leur offrir des soins et un nouvel environnement.
Des poursuites judiciaires engagées
Une enquête officielle a été ouverte par le parquet de Draguignan pour des faits graves, incluant l'exercice illégal du travail, l'abandon d'animaux et des sévices graves sur animal domestique. Le couple à la tête de cet élevage clandestin a été entendu en fin de semaine en audition libre. Il devrait faire l'objet de poursuites judiciaires, marquant une étape cruciale dans la lutte contre la maltraitance animale et les trafics illicites.



