Une erreur judiciaire de 38 ans
Peter Sullivan, 68 ans, a été innocenté après avoir passé 38 années derrière les barreaux pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Condamné en 1986 pour le meurtre de Diane Sindall, une jeune femme de 21 ans retrouvée morte après une agression sexuelle à Birkenhead, près de Liverpool, il a vu sa condamnation annulée par la Cour d'appel en mai dernier, grâce à de nouveaux tests ADN qui l'innocentent.
Des aveux arrachés sous la contrainte
Surnommé "La Bête de Birkenhead", "L'Éventreur de la Mersey" ou encore "Le Loup-garou", Peter Sullivan a accordé une interview à la BBC pour la première fois. Il y raconte les violences subies lors de son arrestation et durant ses 22 interrogatoires. "Ils m'ont jeté une couverture sur la tête et ils me frappaient par-dessus avec leurs matraques pour essayer de me faire coopérer", explique-t-il. Il affirme également que la police l'a menacé de l'inculper pour "35 autres viols" s'il n'avouait pas. "Le harcèlement m'a forcé à avouer, car je n'en pouvais plus", confie-t-il.
Une condamnation sans preuves scientifiques
Malgré l'absence de preuves scientifiques, les aveux obtenus sous la contrainte ont conduit le tribunal de Liverpool à le condamner à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 16 ans. Peter Sullivan dénonce également les violences subies en prison en raison de la nature du crime pour lequel il était incarcéré. Il n'a pas signalé ces violences, car "si vous êtes une balance, cela signifie que la situation va empirer".
Un combat soutenu par sa mère
Peter Sullivan n'a pas été autorisé à assister aux funérailles de sa mère en 2013, car Diane Sindall était inhumée dans le même cimetière. "Avant de mourir, ma mère s'est tournée vers moi et m'a dit : Je veux que tu continues à te battre dans cette affaire, car tu n'as rien fait de mal", raconte-t-il. Ce soutien l'a aidé à persévérer jusqu'à l'annulation de sa condamnation.
En attente d'excuses et d'indemnisation
Aujourd'hui libre, Peter Sullivan attend des excuses de la police, qui a simplement exprimé ses regrets pour cette "grave erreur judiciaire". Il espère également recevoir une indemnisation de 1,47 million d'euros. "Il n'y a pas de somme qui puisse compenser la perte de 38 années de votre vie", déclare-t-il. Avec ironie, il a commenté à sa sortie : "Je n'avais jamais vu autant de voitures différentes de ma vie sur cette route", lui qui n'a pas connu Internet.



